— 20
°,
il n'y a que des steppes, des déserts. Dans les
vallées où la température monte très haut, croissent
les platanes, les peupliers, les pêchers. On y cultive
le riz et les melons (Roth,
o
c , p.
5 ) .
Notons — ce qui est capital — que, par sa situa–
tion et sa conformation, le massif arménien com–
mande le passage par où le commerce et les armées
sont obligés de passer pour descendre des plateaux
anatoliens vers la Syrie et les vallées du Tigre et de
l'Euphrate. C'est une clef qui ouvre et ferme toutes
ces routes mondiales. En réalité, l'Arménie allant
de Mersine à l'Ararat, est une barre, une barrière,
en Turquie, comme la Serbie dans les Balkans. Pour
passer, il faut avoir, ou détruire, la Serbie, comme il
faut avoir, ou détruirç, l'Arménie.
4-
S t a t i s t i que .
—
«
Il est difficile de connaître
le nombre des Arméniens », a dit M. René Pinon ;
très difficile, car la S. Porte n'est point statisticienne,
et a cherché par tous les moyens à cacher la vérité.
Elle voulait démontrer que les Arméniens étaient
une minorité insignifiante.
En
1880,
elle publia les chiffres que voici ; Musul–
mans,
3.619.625;
Arméniens,
726.750
;
et autres chré–
tiens,
283.000.
Il est à peine besoin de dire que cette
statistique ne reposait sur aucun recensement
sérieux. Habitué à supprimer les personnes, le Gou–
vernement devait avoir peu de scrupule à supprimer
des chiffres... C'est ce que lui firent observer les
Puissances dans leur note du
7
septembre
1880 :
€ La proportion indiquée par la Note diffère telle–
ment de celle que donnent d'autres renseignements,
que
les Puissances
ne sauraient l'accepter comme
exacte » (M. Léart, p. 36).
Fonds A.R.A.M