Seldjoukides, — pendant qu'Ani succombait
(
io64)
et, avec elle, l'indépendance —- des populations
arméniennes se réfugièrent dans les gorges du Tau-
rus, et de là en Cilicie. Une étroite alliance devait
naturellement unir les Arméniens et leurs frères en
religion, les Croisés; et l'appui donné aux Croisés,
à Godefroy de Bouillon en particulier, par les
Arméniens mérita à ceux-ci cet éloge du pape Gré–
goire XIII, dans sa bulle
Ecclesia romana
de
1
384
*
«
Lorsque jadis les princes et les armées chré–
tiennes allaient au recouvrement de la Terre sainte,
nulle nation et nul peuple, plus promptement et
avec plus de zèle que les Arméniens, ne leur prêta
son aide en hommes, en chevaux, en subsistance,
en conseils ; avec toutes leurs forces et avec la plus
grande bravoure etfidélité,ils aidèrent les chré–
tiens en ces saintes guerres » (Tchobanian,
Le peu–
ple arménien,
p.
12).
Puis, la famille royale des
Roupéniens n'ayant plus de lignée mâle, la petite
Arménie invita les princes de la famille française des
Lusignan, — qui étaient à Chypre— à venir occuper
le trône
(134
a).
< Ce royaume de Cilicie constitue
une des pages les plus intéressantes et les plus glo–
rieuses de la race arménienne ». Et il fut en étroite
relation avec la France. Les Musulmans, furieux de
voir dans leur voisinage ce foyer de civilisation
européenne, redoublèrent leurs attaques, et vers la fin.
du xiv
e
siècle, les Mamelucks parvinrent à détruire
le petit royaume (i365). Le dernier des rois d'Armé-r
nie, Léon VI, un Lusignan, repose à Saint-Denis, à
côté des rois de France (i3g3). « Personne ne se
doute qu'à deux reprises, pour le moins, et durant
des siècles, la nation arménienne toute entière, armée
pour la défense de la religion et de la patrie, a, sous
Fonds A.R.A.M