officiers, l'un géorgien l'autre azéri, pour demander l'envoi
d'officiers turcs auprès d'Ouzoun Khadji » [chef religieux au
Daghestan (43)].
Conscient de l'importance du Daghestan, clé de voûte de
la défense de la Transcaucasie orientale, le gouvernement
moussavatiste s'efforce par tous les moyens de préserver cette
région de l'emprise russe. Le 8 août, Chardigny, nouveau
haut-commissaire de France au Caucase, télégraphie à son
gouvernement que l'Azerbaïdjan et la Géorgie demandent au
commandement anglais de maintenir ses troupes au Caucase et
qu'ils offrent de payer les frais d'occupation (44). Ces diverses
démarches n'aboutiront pas. Dès août 1919, les Britanniques
ont commencé à évacuer Bakou ; ils ne garderont que la tête
de pont de Batoum jusqu'au milieu de 1920.
L'occupation britannique de la Transcaucasie est jugée
sévèrement par les représentants français au Caucase : « La
politique anglaise manque de fermeté et de précision. Malgré
l'importance de leur corps d'occupation (23 000 hommes), nos
alliés restèrent faibles dans ce pays très divisé, ne surent pas
empêcher la guerre entre l'Arménie et la Géorgie au départ des
Turcs (...) ne firent rien pour aider au retour de 300 000
réfugiés arméniens dans les régions de Kars et d'Erevan, ne
parvinrent pas à arrêter les massacres d'Arméniens de Choucha
et du Nakhitchevan en juillet 1919 (45). »
Le rapprochement turco-soviétique
L'expansion en Orient de la Russie tsariste avait rencontré
une forte opposition de la part des Britanniques qui crai–
gnaient une pénétration russe dans une région où leurs intérêts
(
Aî)lbid.,
627,
P 364.
(44) «
Azéris et Géorgiens ont demandé au commandement anglais maintenir
troupes anglaises au Caucase et offrent payer frais d'occupation (...). Négociations
secrètes entre Denilcine et quelques membres influents de sphères gouvernementales
d'Azerbaïdjan ; par crainte chez grands propriétaires musulmans d'un mouvement
agraire et des troubles à la suite de départ des troupes anglaises, permet envisager
changement orientation politique anti-russe du gouvernement actuel et son passage du
côté armée volontaires si succès de celle-ci continue. » (A.M.A.E.F., Rép. d'Azerb.,
191,
f 92).
(45)
A.M.A.E.F., Europe-Russie, 628, P 79.
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Fonds A.R.A.M