Smyrne, et les bolcheviks concentrent leurs forces contre les
Polonais. L'ajournement de la question du mandat remise à la
décision du président Wilson gêne beaucoup notre gou–
vernement (16). Khatissian prie l'ambassadeur de télégra–
phier au ministère des Affaires étrangères pour demander que
l'Entente l'autorise à profiter des circonstances favorables pour
occuper la vallée d'Alachkert, le district de Diadine et de
Bayazid, « régions qui seront certainement attribuées à l'Ar–
ménie ». I l demande en outre, pour écarter la menace de
liaison éventuelle de Mustafa Kemal avec les bolcheviks, que
soient coordonnées l'action des troupes arméniennes et celle
des Alliés, notamment par l'occupation conjointe de la ligne
Bayazid-Erzeroum-Trébizonde (17).
En attendant l'issue de la guerre avec les Polonais et le
résultat de l'offensive de Wrangel, les bolcheviks ont tout
intérêt à trouver un arrangement avec les voisins de
l'Azerbaïdjan soviétique, la Géorgie et l'Arménie, afin de ne
pas donner prétexte à une intervention alliée et de préserver la
région de Bakou de toute tentative de récupération par les
moussavatistes.
Par le traité de paix signé le 7 mai à Moscou, les Soviets
reconnaissent l'indépendance et la souveraineté de l'Etat
géorgien et s'engagent à ne pas s'immiscer dans ses affaires
intérieures (Art. I & II). La Géorgie s'engage de son côté à ne
pas tolérer sur son territoire d'organisations hostiles au pouvoir
soviétique (Art. VI) et à ne pas poursuivre les personnes
militant en faveur de la R.S.F.S.R. et du Parti communiste
(
Art. X). Ce traité fait une mauvaise impression sur les
bolcheviks géorgiens, qui craignent de ce fait de perdre leur
influence sur leurs partisans, mais ils profitent de la possibilité
d'existence légale que leur procure le traité pour constituer le
20
mai un Parti communiste géorgien qui compte 6 000
membres, et qui à l'avenir ne sera pas toujours très enclin à
suivre la ligne générale de Moscou. L'accord signé avec la
Russie n'empêchera pas le gouvernement menchevik de sur–
veiller de près toute activité des bolcheviks jugée excessive, et
après l'arrivée en juin de l'envoyé plénipotentiaire soviétique
Kirov, l'organe menchevik
Sakartvelo
(
La Géorgie) écrit le 27
(16)
A.M.A.E.F., Russie-Caucase, 631, f 92.
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l)lbid., {'
93.
114
Fonds A.R.A.M