juillet : « M. Kirov ne doit jouer en Géorgie que le rôle de
représentant diplomatique et non celui de protecteur du P.C.
Si les membres de sa mission se mettent à intervenir dans les
affaires intérieures géorgiennes, Kirov doit, de lui-même, faire
cesser ce genre d'ingérence (18). »
Le gouvernement soviétique est prêt également à normali–
ser ses relations avec l'Arménie. Sur l'invitation de Tchitche–
rine, une délégation arménienne, conduite par l'écrivain
Lévon Chanth accompagné des deux députés Terterian et
Zarafian, part début mai et arrive le 22 à Moscou. Malgré la
répression exercée par les dachnaks après l'insurrection de mai,
les pourparlers préliminaires engagés avec Karakhan se dé–
roulent favorablement. Le 10 juin, Chanth informe son
gouvernement que les Soviets reconnaissent l'indépendance de
l'Arménie dans ses frontières de 1914 ; ils sont prêts à servir de
médiateurs entre la Turquie kémaliste et l'Arménie pour
l'attribution à cette dernière d'une partie de ses provinces
occidentales. Mais le 1
er
juillet, le contenu de sa communica–
tion est différent. Les bolcheviks arméniens, et notamment
Mikoyan et Avice, de concert avec leurs homologues azéris
Narimanov et Akhoundov, reprochent aux dachnaks leur
hostilité au régime bolchevik et leurs liens avec l'Entente. En
fait, ils veulent empêcher à tout prix un accord quelconque
entre les gouvernements soviétique et arménien, le premier de
crainte qu'un accord puisse affaiblir le prestige et l'activité des
bolcheviks en Arménie, et le second de crainte de voir rendre
aléatoire l'attribution à l'Azerbaïdjan des régions contestées
du sud de l'Arménie, où des combats engagés en juin entre
troupes arméniennes et rouges se terminent en juillet avec
l'occupation de Nakhitchevan par ces dernières, ce qui permet
la jonction directe entre bolcheviks et Turcs. En outre, l'arrivée
d'une délégation kémaliste à Moscou, alors que celle de
Chanth éprouve des difficultés, inquiète les Arméniens. Pour
les rassurer, Tchitcherine avise par télégramme Ohandjanian,
ministre des Affaires étrangères, que « toute action soviétique
au Caucase a pour but d'assurer l'existence pacifique du
peuple arménien. Les relations établies avec le gouvernement
turc contribueront à faire obtenir pour l'Arménie des territoi-
(18)
A.M.A.E.F., Russie-Caucase, 631, f 138.
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Fonds A.R.A.M