coordonnée, sans l'aide assurée de l'Armée rouge, est vouée à
l'échec. I l estime que l'insurrection devrait partir de la région
de Karavanseraï (idjevan), à proximité de l'Azerbaïdjan, d'où
l'Armée rouge pourrait prêter main forte aux insurgés.
Le 4 mai, sous la pression du Bureau dachnak, le
gouvernement Khatissian donne sa démission. Le lendemain,
un nouveau gouvernement homogène dachnak présidé par
Ohandjanian décrète l'état d'urgence dans tout le pays et
décide de mettre fin à l'insurrection par tous les moyens. I l est
soutenu par les populistes qui dénonçaient auparavant la
faiblesse du gouvernement précédent à l'égard des bolcheviks.
Seul le groupe S.R. est hostile à la répression par la force (14).
Profitant de l'indécision de l'Armenkom, Ohandjanian
entre en rapport avec ses membres, Allaverdian et Ter-Simo-
nian, pour les persuader d'arrêter l'action insurrectionnelle
bolchevique. Arrivés le 6 mai à Alexandropol, ceux-ci cons–
tatent que la situation est telle qu'il n'est plus possible
d'enrayer un élan insurrectionnel qui s'étend à d'autres villes.
Le lendemain, une réunion des bolcheviks auxquels se joignent
ceux de Kars a eu lieu dans le train blindé. La majorité, sous la
pression de Moussaëlian, Avice et Gharibdjanian, se prononce
pour une insurrection générale immédiate. Le Comité militaire
révolutionnaire
(
Kheghkom)
constitué pour diriger les opéra–
tions déclare le pouvoir dachnak déposé et, le
10
mai, donne le
signal de l'insurrection en hissant le drapeau rouge sur le train
blindé. Une partie de la garnison rejoint les insurgés,
notamment le
1
er
régiment de cavalerie où sert Bagramian,
qui, deux ans auparavant, avait participé à la bataille de
Sardarabad — Bach Abaran. Le même scénario se reproduit à
Sarikamych, Delijan, Nor Bayazet et Kars. Mais dans cette
dernière ville, où la population musulmane et russe est hostile
au gouvernement, la majorité des troupes gouvernementales,
sous le commandement du général Piroumian, demeurent
loyales, repoussent les bolcheviks, et occupent la gare. Aucune
agitation n'est signalée à Erevan. Incapable de coordonner
(14)
Dans une conversation que l'auteur a eue à Paris avec Archam Khondkarian,
leader S.R. au Parlement, celui-ci a confirmé que son parti a été partisan de remettre le
pouvoir aux bolcheviks après les événements de mai, afin d'éviter un conflit avec les
Turcs.
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Fonds A.R.A.M