proximité, ils estiment que le moment est propice pour
s'emparer du pouvoir, persuadés qu'ils seront soutenus dans
cette entreprise par le peuple.
L'insurrection de mai 1920 en Arménie
En Arménie, la nouvelle de l'instauration du pouvoir
soviétique en Azerbaïdjan a été accueillie avec joie par les
bolcheviks. A Erevan, la fête du
1
er
mai donne lieu à une
manifestation populaire. Les bolcheviks en profitent pour
mobiliser toutes leurs troupes et faire une démonstration
devant le Parlement où se trouvent les membres du gou–
vernement. Pour apaiser les manifestants, Khatissian prononce
un discours lénifiant. Invité en qualité de représentant de la I I
e
Internationale, Isidore Ramichvili lui succède. Son appel à
l'obéissance au gouvernement légal est accueilli par des huées.
Prenant à son tour la parole, le bolchevik Stepan Allaverdian,
membre de l'Armenkom, attaque violemment le gouverne–
ment qui ne s'attendait visiblement pas à une démonstration
d'une telle ampleur. Des manifestations analogues ont lieu
dans d'autres villes : Kars, Sarikamych, Karaklis, Nor-Bayazet
et Alexandropol. Dans cette dernière ville, les bolcheviks sont
plus nombreux, surtout parmi les ouvriers du dépôt des
chemins de fer et les soldats de la garnison. C'est là que les
bolcheviks tenteront d'organiser une insurrection générale
contre le « pouvoir dachnak ». La manifestation du
1
er
mai,
organisée par le Comité local, se déroule sous les slogans :
«
Vive le pouvoir des ouvriers et paysans de la
Transcaucasie ! », « Vive la Russie Soviétique ! », etc. Les
passions s'échauffent et le meeting prend une telle ampleur
qu'un affrontement entre bolcheviks et gouvernementaux
paraît imminent. Le 2 mai, l'autorité locale tente d'arrêter les
dirigeants bolcheviks réfugiés dans le train blindé « Vartan
Zoravar » que commande le capitaine Moussaëlian. Acquis aux
insurgés, celui-ci refuse d'obéir aux autorités qui le rappellent
à Erevan et i l organise une garde rouge. Les 3 et 5 mai, le
Comité d'Alexandropol écrit à l'Armenkom d'Erevan pour le
mettre au courant de la situation et lui propose une action
commune en vue de l'insurrection générale. Mais l'Armenkom
hésite. I l considère, non sans raison, qu'une action isolée, mal
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Fonds A.R.A.M