kom
créé la veille sous la présidence de Narimanov, revenu
d'Astrakhan, constitue le Sovnarkom, qui compte les com–
missaires Khousseïnov, Bouniat Zadeh, Moussabekov et Ka–
raev. Ce nouvel organisme présente le 27 avril au Parlement
azéri un ultimatum exigeant la remise sous douze heures du
pouvoir entre ses mains. Le gouvernement, qui ne s'attendait
pas à une évolution aussi rapide de la situation, informe par
téléphone le commandant Luke, nouveau commissaire bri–
tannique au Caucase, que « des troupes bolcheviques
comptant 6 000 hommes se sont avancées jusqu'à la station de
Katchmass (à 120 km de Bakou), qu'il sollicite l'envoi de
troupes géorgiennes pour le secourir et, de la part du
gouvernement d'Erevan, une garantie qu'il n'attaquera pas
l'Azerbaïdjan si ce dernier retire ses troupes du Karabagh pour
les envoyer à la frontière nord contre les bolcheviks (1) ».
Cet appel tardif, lancé non sans arrière-pensée pour
justifier l'abandon de Bakou sans résistance, en y impliquant
les Arméniens, n'échappe d'ailleurs pas à l'observation du
représentant français de Martel : « Les Tatares (Azéris) n'ont
qu'un bataillon à la frontière et deux bataillons à Bakou. Le
gouvernement alors fait mine de s'affoler, comme s'il ne
portait la responsabilité de l'envoi de la presque totalité de ses
troupes vers la frontière arménienne (2). »
La déclaration de Jordania en réponse à l'appel azéri n'est
pas moins incisive : les bolcheviks, dit-il, « progressent à la
vitesse d'un train rapide sans rencontrer de résistance (...) nous
en concluons qu'ils avancent avec l'accord de l'Azer–
baïdjan (3) ». Le 27 avril 1920, les partisans bolcheviks
occupent tous les bâtiments de l'administration et la gare de
Bakou, désarment les troupes moussavatistes et la police. Tard
dans la nuit, les premiers trains blindés des rouges entrent en
gare sans rencontrer la moindre résistance. Contraints d'accep–
ter l'ultimatum contre la promesse de la liberté de ses
membres, sauf « ceux qui occupent des postes importants », les
moussavatistes dissolvent le Parlement. Le 28 avril, l'Azrevkom
proclame la constitution de la République Socialiste Soviétique
indépendante d'Azerbaïdjan. La première république com–
muniste transcaucasienne est née. Le lendemain, Davoud
(1)
A.M.A.E.F., Russie-Caucase, 639, P 133.
{2)
Ibtd.,
P 145.
(3)
La vict. dupouv. soviet, en Transe.
(143),
p. 539.
105
Fonds A.R.A.M