3
De rindépendance à l'instauration
du pouvoir soviétique
L'Azerbaïdjan soviétique
Le gouvernement moussavatiste est aux prises avec les
bolcheviks qui, en dépit des répressions exercées contre eux en
mars 1920, comptent 4 000 membres. Pour conjurer le péril et
tirer le meilleur parti de la situation inconfortable où i l se
trouve, i l porte son espoir sur la fraction des ex-moussavatistes
nouvellement affiliés au P.C. azéri et sur le « Parti communiste
turc » implanté à Bakou et qui n'a d'ailleurs jamais été
inquiété.
Au lieu de concentrer les 30 000 hommes de leur armée
dans le nord face à l'Armée rouge, les moussavatistes laissent
les trois quarts de ces forces aux confins du Karabagh où les
Arméniens se sont insurgés en mars, pour que la région soit à
tout prix rattachée à leur pays. Ils ne laissent dans la zone de
Bakou que 2 000 hommes. Le 1
er
avril, le cabinet Oussoubekov
démissionne. Le nouveau gouvernement Khadjinski prend une-
orientation pro-bolchevique. Mais son appel du 15 avril aux
Soviets afin de régler les rapports entre les deux parties sur des
bases nouvelles lors d'une conférence « dont la date et le lieu
seraient fixés par Moscou » ne trouve pas d'écho au Kremlin.
Les troupes rouges achèvent déjà leur concentration à la
frontière de l'Azerbaïdjan. Le 21 avril, le général Tou-
khatchevski, commandant le front du Caucase, donne l'ordre
au colonel Levandovski, commandant la X I
e
Armée rouge, de
passer à l'offensive contre l'Azerbaïdjan. Le lendemain, le
Bureau du Kraïkom décide, en présence des représentants de
l'Armée rouge parvenus clandestinement à Bakou, de dé–
clencher le 27 avril une insurrection à l'aide de ses partisans
armés. Le Comité militaire révolutionnaire azéri —
Azrev-
104
Fonds A.R.A.M