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Dès leur apparition, les boutiques se ferment et les transactions de la vie journa–
lière se trouvent brusquement arrêtées
à
cause de leur façon de se servir chez les
marchands sans bourse délier. Leur présence donne lieu
à
des rixes fréquentes que
l'autorité est incapable ne prévenir et qui pourraient dégénérer en désordres plus
graves s i , heureusement pour Alexandrette, nous n'avions depuis un an,
à
poste
fixe, un stationnaire anglais sur rade.
Aujourd'hui, j'apprends que ce navire doit s'absenter pour quinze jours
à
partir du
2 2
septembre et que la venue de 5,ooo recrues kurdes va coïncider avec son départ.
Je crois qu'à cette date i l serait indispensable qu'un bâtiment français assurât la
tranquillité de la ville.
LONGEVILLE.
1 6 7 .
M . P. CAMBON, Ambassadeur de la République française à Constantinople,
à M.
DE LONGEVILLE,
Consul, chargé du vice-consulat de France
à Alexandrette.
Péra, 8 octobre 1896 .
Le
Vautour
a reçu l'ordre de quitter immédiatement la Sude pour se rendre à
Alexandrette.
P. CAMBON.
N ° 1 6 8 .
M . DE LONGEVILLE,
Consul, chargé du vice-consulat de France à Alexan–
drette ,
à M . P.
CAMBON
,
Ambassadeur de la République française à Constan–
tinople.
Alexandrette, le 10 octobre 1896 .
J'ai reçu le télégramme que vous avez bien voulu m'adresser concernant l'ordre
donné au
Vautour
de rallier Alexandrette.
Ce navire arrivera sur rade d'autant plus à propos que nos
1 , 2 00
conscrits de–
viennent d'une turbulence inquiétante.
Malgré les ordres énergiques donnés d'Alep au colonel commandant la garnison,
i l est impossible à l'autorité de venir à bout de ces forcenés.
I l y a trois jours, au nombre d'une quinzaine, ils voulaient pénétrer de force dans
le jardin de l'agence des Messageries, puis ensuite à l'église et, de là, chez les Sœurs
de Saint-Joseph; j ' ai du faire intervenir mes cavas pour les mettre à la raison, et
c'est cet incident qui a motivé mon télégramme.
Fonds A.R.A.M