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N° 164.
M . DE
LONGEVILLE,
Vice-Consul de France à Alexandrette,
à M. P. CAMBON, Ambassadeur de la République française à Constan–
tinople.
Alexandrette, le 3o décembre i8o,5.
J'apprends de source sûre que des filles et des garçons arméniens sont vendus
comme esclaves à Payas.
LONGEVILLE.
1 0 5 .
M . DE
LONGEVILLE,
Gérant le Consulat de France à Alep,
à M . P. CAMBON, Ambassadeur de la République française à Constan–
tinople.
Alep, le n mars 1896.
Vendredi dernier, une panique a été causée à Antioche par deux agitateurs mu –
sulmans; l'un est déjà arrêté, l'autre va l'être sur ma demande. Deux jours avant ce
mouvement, une rixe a éclaté dans un village des environs de Suédié entre quelques
soldats et une dizaine d'Arméniens; des coups de feu ont été échangés. Je prévois
des désordres dans cette région.
LONGEVILLE.
N° 1 6 6 .
M . DE
LONGEVILLE,
Consul, chargé du vice-consulat de France à Alexan–
drette ,
à
M . DE LA
BOULINIÈRE,
Chargé d'Affaires de France à Constantinople.
Alexandrette, le 11 septembre 1896.
En dépit des mauvaises nouvelles de la capitale et du grand nombre d'Arméniens
réfugiés ici à la suite des massacres de l'an dernier, la tranquillité est satisfaisante en
ville au point de vue politique; néanmoins, j ' ai à vous signaler une cause permanente
d'appréhensions, je veux parler du passage périodique des recrues venant de l ' i n –
térieur.
Ces sauvages nous arrivent par bandes de
7 00
à
8 0 0
hommes, conduits seulement
par des sous-ofïiciers qui n'ont aucune autorité sur eux; ils se répandent en ville au
hasard du gîte dont ils s'emparent, car le Gouvernement ne les paye n i ne les loge.
Fonds A.R.A.M