tions de kaïmakan de n'avoir pas fait tirer sur les assaillants, ainsi qu'il en avait reçu
de l'autorité l'ordre pai écrit, renouvelle ce même ordre par écrit, fait repousser les
Kurdes d'un côté pendant que Mehemet Chaouch, chef des zaptiés d'escorte du
Muhassabdji, se porte au devant des Kurdes sur un autre point, s'empare de plusieurs
d'entre eux et maintient le reste à distance.
L'autre est Khaïri Bey, Mutessarif du Djebel. I l se trouvait à Payés au moment où
se passaient ces événements. Avisé du péril que courent les Pères, i l passe la mon –
tagne à travers les neiges, fait avec 2 0 0 soldats en
six
heures un chemin qui en exige
dix d'ordinaire et i l accourt sauver les chrétiens d'une perte certaine.
Les Kurdes résistant à ses ordres, Khaïri Bey fait tirer une salve qui en tue plu–
sieurs, s'empare de quelques mutins et les fait flageller un public devant la porte du
monastère en présence de ceux qu'ils voulaient assaillir. Là, ils avouent être venus à
l'appel des Akbéssiens qui leur avaient déclaré que les autorités étaient avec eux et
que le Mutessarif allait arriver avec des soldats pour les aider dans leur œuvre d'ex–
termination.
Je souhaite que les exemples de loyauté et d'énergie donnés par ces deux fonc–
tionnaires soient appréciés comme ds le méritent par leur Gouvernement; en t out
cas, je n'ai pas manqué de leur adresser l'expression de mes remerciements et j ' a i
même cru pouvoir leur donner l'assurance que l'appui de notre Gouvernement leur
était largement acquis.
Trop souvent en effet, dans cette ère de troubles, les autorités ont pactisé avec
les auteurs des massacres et des pillages. Dans ces circonstances, deux hommes de
cœur ont sauvé la vie de 2 /| de nos compatriotes et celle de plus d'un millier de
chrétiens.
Aussi il me suffira, j'en suis certain, d'en donner le témoignage à Voire Excellence
pour qu'ils soient non pas disgraciés comme ils craignent de l'être, mais récom–
pensés.
J'y attache un autre prix.
Nos missions de Cheikhlé et d'Akbès avaient prospéré jusqu'à présent.
Les Trappistes par un labeur opiniâtre de quatorze ans ont transformé une partie
sauvage du pays en de magnifiques champs de culture; ils ont donné à la population
l'exemple du travail et lui ont révélé les procédés de culture européens. Ils ont habité
d'abord d'humbles cabanes en bois, caressant l'espoir d'achever un jour le vaste
bâtiment dont ils ont édifié le premier étage, mais les événements ont interrompu
le cours de leur travail.
Notre Mission de Lazaristes, à Akbès, est représentée par trois religieux et dirigée
par le Père Clément dont le courage a soutenu la population chrétienne.
Nos deux monastères ont chacun un dispensaire où affluent les Musulmans com–
pris dans un rayon de 1 o lieues. Jamais ils ne leur ont refusé leur assistance. Ils soi–
gnent, même en ce moment, les soldats de la garnison d'Akbès. Ils se sont acquis
l'estime et la reconnaissance des gens du pays.
Pendant qu'ils étaient assiégés deux Beys, Békir Bey et Osman Bey, se trouvaient
au couvent, le fusil à la main, prêts à les défendre. Les Trappistes n'ont qu'à se
louer également des Turcomans du district d'Islahié qu i , suivant l'exemple de leur
chef, Soliman Agha, se sont toujours montrés favorables aux Trappistes.
Fonds A.R.A.M