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V 155.
M.
DE
LONGEVILLE,
Gérant du Consulat de France cà Alep,
à M. P. CAMBON, Ambassadeur de la République française à Constan–
tinople.
A l e p , le 8 avril 1896.
Le Prieur d'Akbès m'écrit que sans une menace de débarquement éventuel la vie
de nos
il\
religieux n'est plus suffisamment garantie.
A Suédié, un conflit est imminent entre les troupes et les Arméniens.
LONGEVILLE.
N° 156.
M. SUMMARIPA, Vice-Consul de France à Mersine,
à M. P. CAMBON, Ambassadeur de la République française à Constan–
tinople.
Mersine, le i
k
avril 1896.
Au reçu de la dépêche de Votre Excellence m'invitant à me rendre à Akbès, je suis
parti avec mon drogman et mon cavas et je me suis fait donner à Adana une escorte
de zaptiés. J'eus également le soin de me munir d'une lettre circulaire du vali desti–
née à me faire reconnaître des autorités de la région que je devais traverser et je
me rendis de suite à Akbès en passant par Payés et la montagne.
Je ne saurais décrire la joie que mon arrivée à causée aux Supérieurs de nos éta–
blissements religieux. I l s'en dégageait surtout un vi f sentiment de reconnaissance
pour Votre Excellence, le haut représentant de notre Gouvernement, qu i , les sa–
chant en danger, m'avait chargé de venir les trouver, afin de bien affirmer l'intérêt
porté à nos nationaux, si éloignés qu'ils fussent du centre de son autorité. Ce conten–
tement a été unanimement partagé non seulement par les pauvres chrétiens qu i , pla–
cés sous la direction spirituelle des Pères, les considèrent comme leurs protecteurs
naturels, mais aussi par les Arméniens protestants et schismatiques qu i , se sentant
plus menacés peut-être, s'étaient eux aussi réfugiés dans notre couvent d'Akbès pen–
dant qu'on pillait leurs maisons.
Nos religieux et toute la population chrétienne réfugiée chez eux avec ses biens les
plus précieux, assiégés de tous côtés pendant quatre jours, par des bandes de Kurdes
et de Bachibozouks, onl dû uniquement leur salut à deux fonctionnaires turcs pénétrés
au même degré du sentiment de leur devoir.
L ' un , Méhémet-Moukhtar Eflfendi, Muhassabdji du Djebel Berekat, se trouvail en
tournée à une journée de marche d'Akbès. An premier avis du danger, i l accourt,
perce le cercle des assiégeants, s'installe au couvent, reproche à l'oukil faisant fonc-
Fonds A.R.A.M