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Si M. le Sultan sur les nombreuses conversions forcées à l'islamisme dont les Armé–
niens avaient été victimes. Le Sultan a exprimé son étonnement, en disant que de
pareilles conversions n'étaient pas valables.
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Le.
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janvier, M. Block a été mandé au Palais, où le premier secrétaire du Sultan
l u i a montré un télégramme signé par les chefs des Arméniens protestants, catho–
liques et grégoriens; ue Biredjik, et disant que les Arméniens dé cette ville ayant vécu
en sécurité etbonheur complets sous le juste régime>du Sultan, sans que leur vie ou
leurs biens fussent en danger, désireraient embrasser la religion de Mahomet. La dé–
pêche ajoutait que ce désir était spontané, personne ne leur ayant suggéré cette pro–
position, et concluait en priant que les ordres soient donnés aux autorités de faire
remplir les formalités nécessaires.
Le Sultan, en portant ceci à la connaissance de Sir Ph. Currie, ajoutait qu'il l u i
était difficile de refuser d'admettre dans la foi d'Islam ceux qui désireraient y entrer,
mais raie, puisque i l était possible* qu'ils agissaient sous une pression quelconque, i l
ferait donner au Gaimakan et au Naib les ordres d'ouvrir une enquête, à laquelle
pourrait participer une personne nommée par son Excellence, si toutefois elle con–
naissait quelquun dans ces parages réunissant les* qualités voulues.
Sur ce, l'Ambassadeur a proposé (pie M. Fitz-Maurice, vice-consul de Sa Majesté
à Smyrne, qui se trouvait actuellement en mission à Adàna, f u t admis à. prendre
part à cette enquête.
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Cette, proposition a été acceptée au commencement* de février, et les ordres néces–
saires ont été donnés au Vali d'Alep.
M. Fitz-Maurice est arrivé le 2
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février à Biredjik. Le 3 mars, i l a télégraphié qu'il
avait, de concert avec les Commissaires ottomans, terminé l'enquête, dont le résultat
était ce qui suit :
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La population comptait 2/fo maisons le jour du massacre { 1
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o o , grégoriens, protestants et catholiques, se sont convertis à l'islamisme devant
les cadavres saignants de leurs parents> et sous la pression de la foule. Pas un seul
chrétien ne reste à Biredjik. Le Gouvernement n'a pas encore reconnu officiellement
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Dans le régime de;terreur actuel, i l est impossible pour les .ci-devants chrétiens
de; déclarer leursv ra i s sentiments. Ils aflirmenti officiellement qu'ils désirent rester
musulmans, mais ils mo n t assuré secrètement que, si une fin était mise à l'état de
terrorisme actuel, par le moyen d'un châtiment sévère infligé aux fauteurs des mas–
sacres, ils se déclareraient chrétiens. Changer de foi actuellement serait courir au-
devant d'une mort certaine. I l est essentiel que ces assurances ne soient pas commu–
niquées aux autorités. Celles-ci admettent qu'aucune sédition n'existait parmi les
Arméniens de Biredjik, qui n'ont rien fait pour provoquer le massacre commis par
les musulmans de la ville. Les Commissaires ottomans reconnaissent le motif qui a
causé ces conversions. La misère des Arméniens est épouvantable.
Dans un second télégramme daté du,A mars, M. Fitz-Maurice fait observer qu'en
vue du mois de Bamazan et de la l o i religieuse musulmane qui inflige la peine de
mort à ceux qui renoncent à l'islamisme, et à cause du fanatisme qui existe, i l serait
pendant longtemps absolument impossible pour les chrétiens de professer ouverte-
Fonds A.R.A.M