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L E S T U R C S O N T P A S S É L A .
maintenir la tranquillité de la Province ; par notre
demande du 28 février 1324 et du 2 mars i l est dit
que si l'on ne fait pas l'organisation projetée, des
événements pourraient se produire. Dans notre re–
quête du 5 mars 1325, i l est écrit qu'on déchar–
geait des armes dans la ville ; ceci tournant à une
mauvaise habitude, le» auteurs sont livrés à la
police, mais la punition qu'on leur applique était
dérisoire, i l faudrait en prescrire une plus sérieuse et
augmenter le nombre des agents.
Par la nôtre du 11 mars 1325, nous avons avisé
que par suite de la saison, 10 à 15.000 cultivateurs
arrivent ici des provinces avoisinantes et que un peu
plus tard, à l'intérieur et à l'extérieur de la ville, i l y
aura 50.000 à 60.000 personnes nomades, pensant
(1)
Mg r Mouchegh qui esl accusé dans ce rapport par le Vali
Djevad, se trouvait en Egypte avant et pendant les événements. I l
a essayé de rentrer à Adana mais on l u i a interdit le débarque–
ment à Mersine par ordre des autorités. I l a donc été obligé de
retourner en Egypte.
On sait que plus tard la Cour martiale l'a c o n d a m n é en son
absence aux travaux forcés à perpétuité.
Mgr Moucliegh s'est défendu des accusations de Djévad, par
une brochure i m p r i m é e en Egypte, où i l l'accuse nettement à son
tour.
Nous avons v u aussi que M . Babiguian innocentait complète–
ment Mg r Mouchegh dans son rapport sur les événements d'Adana.
On prétend que ce rapport a été brûlé au grand incendie du
Palais de ï c h e r a g h a n sur le Bosphore, affecté depuis peu au
Parlement ottoman. Ce palais a élé c o m p l è t e m e n t détruit le 19
janvier 1909. Ce chef-d'œuvre de style arabe tout en marbre
avait coûté plus de huit millions de livres turques, soit envi–
ron 190 millions de francs. I l avait élé construit sous le règne
du sultan Abdul-Aziz entre 1804-1869, par deux frères arméniens,
es architectes Agop Bey et Serkis Bey Balian, originaires de Belen-
keuy en Cilicie. La copie du rapport Babiguian se trouve dans les
archives du Patriarcat a r m é n i e n de Couni-Capou (Constantinople).
Fonds A.R.A.M