LES TURCS ONT PASSÉ LA.
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° Au cours des recherches et des constatations
faites en vue d'établir les faits criminels, tandis qu'on
interrogeait minutieusement les chrétiens et qu'on
les accablait afin de relever des contradictions dans
leurs dépositions, on faisait par contre subir aux
musulmans un interrogatoire superficiel pour la forme
et ridicule dans le but de les innocenter et de les
élargir. Citons quelques exemples :
A une femme qui prétendait être menée par force
dans une chambre où l'on avait massacré son mari,
on adressait les questions suivantes : Combien de
fenêtres avait-elle la chambre où l'on vous a con–
duite ? Avait-elle de plafond ? De quel côté se trou–
vait la porte ? Combien de marches comptait-il l'es–
calier ? etc., etc. En un pareil moment, est-ce admis–
sible de remarquer comme il faut les dispositions des
lieux, le nombre des fenêtres, le côté de la porte ou
de se rappeler du nombre des marches de l'esca–
lier, etc., etc. ?
Quelle absurdité dans les questions posées.
Etait-ce le moment d'examiner les côtés Est ou
Ouest d'une maison ? Jugez-le vous-même, s'il vous
plaît.
5
° Quelques cadavres de musulmans ayant été
trouvés dans les
Hans
(
auberges) dénommés Menzil
et Ohan-Oglou, sis à Tarsous-Capou (à Adana), les
nommés Kassab Missak, Khatcho, Artine, Ohanèset
Garabet, tous bouchers de leur métier, ont immédia–
tement trouvé la mort sur la potence. Tandis qu'au–
cune poursuite judiciaire n'a été exercée contre Saad-
ed-dine et ses compagnons qui ont massacré nombre
d'innocents chrétiens dans des quartiers commer–
çants de la ville, comme ceux de Yéni-Han et
Fonds A.R.A.M