LES TURCS ONT PASSÉ LA.
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Mais le juge assesseur de Kozan, qui fait partie de la
commission, est un tyran ; servant sa cause i l cher–
che, par tous les moyens, à relâcher les coupables. I l
menace même les employés du gouvernement et la
police qui nous aident et nous protègent ; i l dit qu'il
relâchera les détenus, en brisant les portes de la
prison. Dans ces conditions, l'état des malheureux
éprouvés va s'aggraver. On dit qu'on nous enverra à
Adana pour être j ugé s . Pour l'amour de Dieu, nous
sommes loqueteux et affamés, comment irons-nous
à Adana? Pour garder nos récoltes nous n'avons que
les cadavres de nos chers massacrés. Prière d
'
en–
voyer ici même une commission impartiale d'enquête
pour nous faire juger sur place.
ALEP,
29
avril 1909, au patriarcat
arménien.
Nous avons réclamé et fait des démarches officielles
pour obtenir l'envoi de trois commissions d'enquête,
afin d'arrêter les fauteurs des troubles, des mas–
sacres, les instigateurs, les pillards et les incen–
diaires, les satyres qui ont enlevé nos filles et nos
épouses, ainsi que ceux qui ont emporté notre bétail.
Ces commissions devaient s'occuper dans trois
directions :
1
° Beylan-lskenderoun ; 2° Antioche-Kessab ; 3°Ma-
rache. Ces commissions ont été envoyées mais
elles
ne comprennent que des musulmans, le gouver–
neur n'admet pas la participation des arméniens à
aucun prix.
Le curé a"Alep,
CHAHÉ.
Fonds A.R.A.M