126
LES TURCS ONT PASSÉ LA . .
Dans ces conditions un avertissement énergique,
donné par les Chambres, pourrait seul conjurer ces
immenses hécatombes.
Nous vous adjurons au nom de l'humanité, de faire
le nécessaire dans ce moment tragique. Le moyen le
plus efficace serait d'engager la responsabilité des
gouverneurs et des chefs militaires des provinces
arméniennes.
FÉKÉ. —
Dépêche du
7
mai 1909 au Patriarcat
arménien.
Pendant l'attaque de notre village, i l y a eu 14 tués
dehors et 2 en dedans, tombés sous les balles enne–
mies. Nous sommes sains et saufs, grâce aux efforts
de notre
caïmakam.
Les habitants de 150 maisons
sont réduits à la misère. Envoyez secours.
KRIKOR,
mouktar
de Yéré Bakan.
KOZAN. —
Dépêche du
7
mai 1909.
Des misérables ont assassiné impitoyablement nos
époux et nos bébés, ils ont violenté nos filles, ils ont
enlevé notre bétail, nos objets ménagers et tous nos
biens, ils ont incendié nos fermes. Nous qui restons
vivants, malheureux et blessés, retirés dans des
endroits sauvages, nous avons été transportés par les
soins du gouvernement à notre petite ville de Sis.
Une commission d'enquête prit note de nos décla–
rations, quelques-uns des assassins furent arrêtés.
Fonds A.R.A.M