LES TURCS ONT PASSÉ LA . . .
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de disperser les adversaires, a dû aujourd'hui recou–
rir aux armes. Des deux côtés i l y a eu des blessés.
On annonce aussi des incendies sur plusieurs points.
Les forces militaires disponibles viennent de nou–
veau d'être expédiées sur les lieux. Mais les villages
et les fermes situés à quelques heures du chef-lieu du
sandjak
ont été cernés, incendiés, les bestiaux et les
biens ont été pillés et enlevés, paraît-il. Ces faits ont
causé une violente impression sur l'opinion publi–
que. Aussi i l est fort probable qu'il en résultera de
regrettables événements entre les musulmans et les
chrétiens d'ici. Pour empêcher l'extension des trou–
bles, les plus grands efforts sont faits ; mais i l est
impossible d'y réussir complètement, n'ayant d'au–
tres forces que quelques gendarmes et éprouvant de
grandes difficultés à mobiliser les rédifs. Le vilayet
sera informé de la situation. Au moins, de grâce,
que l'on envoie à la hâte un bataillon ici.
Le 3 avril 1325.
Le mutessarif de Kozan
:
HASSAN.
Dépêche au gouverneur d'Adana.
Les instructions données à qui de droit pour ras–
sembler des forces suffisantes et les expédier avec la
plus grande rapidité ont été exécutées. Des^conseils
ont en outre été donnés à la population musulmane
par une délégation d'Adana envoyée par le patriarche
arménien. Enfin, on a recouru à tous les moyens pour
attendre l'arrivée des troupes demandées au chef-lieu
du vilayet. Quelques-uns des chefs les plus influents
Fonds A.R.A.M