LES TURCS ONT PASSÉ LA.
0:1
Dépêche du sous-secrétaire d'Etat, Adil Bey.
Les événements d'Adana sont regrettables, péni–
bles, et les auteurs méritent la malédiction et le
dégoût. Le premier avril, arriva dAdana un télé–
gramme indiquant qu'une révolution y avait éclaté et
qu'on s'y livrait au pillage. Dès que le ministère
reçut ce télégramme, i l donna télégraphiquement les
instructions nécessaires au vilayet. Ces instructions
disaient : mettez en mouvement toutes les patrouilles
dont vous disposez, soldats, gendarmes, agents de
police, envoyez-les partout, donnez des conseils aux
deux partis. Maintenez absolument la tranquillité.
Empêchez toute perturbation de l'ordre. Nous écri–
vons au Ministère de la Guerre. Les troupes néces–
saires les plus proches seront expédiées. Jusque-là
employez tous les moyens. Evitez les rencontres.
Que les diverses classes de la population ne s'atta–
quent pas,
quon n'inquiète pas les étrangers
(1).
En même temps le Ministère de la Guerre fût
invité par écrit à envoyer sur les lieux des forces
suffisantes de l'endroit le plus proche, ajoutait le
sous-secrétaire d'État, parlant à la Chambre. On
s'adressa également au grand vézirat. Les télé–
grammes et les
tezkerés
du ministère disaient tous
de hâter l'expédition de troupes et les instructions
se renouvelèrent le lendemain, le surlendemain et le
jour suivant.
Entre autres, c'est le mercredi que le conseil des
ministres se réunit. Je demandai à Edhem pacha qui
(
J) Celte phrase en langue hamulienne se traduit par
massacrer
les chrétiens
sans toucher aux étrangers, pour ne pas s'attirer des
ennuis par l'intervention des gouvernements européens.
Fonds A.R.A.M