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résistant à la grande tempête qu i menaçait de
la déraciner et de la supprimer du nombre des
peuples vivants. Cela constitue, i l nous semble,
la meilleure preuve de sa vitalité q u i l u i donne
le droit de vivre désormais libre et indépendante.
Au j o u r d ' hu i l'affreux cauchemar est enfin dis–
sipé. Plus que jamais la nation arménienne a
confiance dans les destinées de sa patrie ensan–
glantée ; elle veut croire en la sagesse des diplo–
mates alliés q u i dicteront la paix à la Turquie.
Paris c'est la ville où est venu s'éteindre le der–
nier r o i de l'Arménie cilicienne ; elle sera aussi
celle où demain l'indépendance de l'Arménie
sera proclamée. Ce jour-là l'Histoire enregis–
trera la réparation de l'une des iniquités les
plus révoltantes des temps passés et modernes.
Nous nous adressons particulièrement à la
France chevaleresque pour la réalisation de notre
idéal national. « I l faut que nous protégions
l'Empire ottoman parce que nous avons vaincu
à Sedan » , disait le pangermaniste Friedrich
Naumann; la France doit dire à son tour : « I l
faut que j e libère l'Arménie parce que j ' a i vaincu
sur la Marne, sur l'Yser et devant Verdun » .
Décembre
1919.
Fonds A.R.A.M