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des ayants droit — en violation abominable de
ce même droit des gens. Le droit de l'Alsace
et de la Lorraine de se réunir à la grande et no–
ble famille française serait-il annihilé si l ' A l l e –
magne usurpatrice avait massacré les trois quarts
de la population alsacienne-lorraine et supplanté
les victimes par des Prussiens ? I l n'y a pas be–
soin d'être un Français pour répondre à cette
question par un « non ! » catégorique et indigné.
Les diplomates commettraient un crime plus
impardonnable que le crime turc, s'ils mainte–
naient le moindre vestige de l'autorité turque
sur les populations opprimées ; ils auraient alors
à assumer devant l'histoire une responsabilité
tellement énorme qu'elle ferait réfléchir les plus
décidés d'entre eux.
*
* *
Nous avons foi dans l'avenir de notre race,
parce que nous sommes convaincus de la j u s –
tice et de la sainteté de notre cause. A travers
les souffrances les plus dures qu ' un peuple ait
jamais eues à subir, cette f o i , q u i fut notre force
nationale, ne nous a point abandonnés. Aux
heures les plus douloureuses des
Années
Terri–
bles,
nos martyrs et nos volontaires on t rendu
leur dernier souffle avec l'espoir que leur sacri–
fice engendrerait les
Temps
Meilleurs
pour les
survivants. La race a fait, une fois encore, la
preuve de son endurance et de son énergie en
Fonds A.R.A.M