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TROIS CONFÉRENCES SUR L'ARMÉNIE
Les v i eux temples païens, les antiques sta–
tues des dieux, les coupes jadis ciselées et recou–
vertes de formules talismaniques, les broderies
qu i constituaient la parure courante des prêtres
des anciens cultes étaient, à leur manière, des
œuvres d ' a r t . Mais, de t o u t cela, i l ne su r v i t ,
quan t à présent, aucun vestige en ce q u i con–
cerne l'Arménie païenne. T o u t a été ou semble
avoir été détruit par le temps, par les invasions
et par le zèle quelquefois outrancier des néo–
phytes chrétiens.
C'est dire que, dans l'état actuel de nos con–
naissances, les documents f ont défaut, relatifs
aux arts mineurs et aux arts majeurs de l ' A r –
ménie ancienne et anté-chrétienne. A pa r t i r du
christianisme, les ornements don t on pa r a i t le
temple et l ' au t e l , ainsi que les costumes et les
ustensiles du culte, donnent à penser que les
Arméniens appliquèrent aux usages chrétiens ce
qu'ils avaient coutume d'employer pour le culte
païen. Le départ n'est pas rigoureusement établi
entre un objet d ' a r t païen et u n ob j e t d ' a r t
chrétien, et r i en ne ressemble plus à l'aspect
extérieur d ' un manuscrit d i t païen que celui
d ' un manuscrit réputé chrétien.
L'enquête à laquelle j e me suis livré, et don t j e
Fonds A.R.A.M