A U T O U R D E L ' A R T ARMÉNI EN
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causerie que je vais avoir la grande faveur de
faire devant u n pub l i c d'élite et formé à ces dis–
ciplines scientifiques et à ces questions de c r i –
t i que d ' a r t . E t j ' a u r a i répondu de la sorte à la
confiance qu ' on t bien v o u l u placer en mo i , et
M . le Professeur Iorga, et Messieurs les Membres
de l ' Un i o n des Arméniens de Roumanie.
On l ' a d i t et on l ' a répété : l'origine de l ' a r t
se confond, en r emon t an t les siècles, avec l ' o r i –
gine de la r e l i g i on ; le sentiment du beau comme
le sentiment religieux est inné dans le cœur de
l'homme, si hau t que nous permette de remonter
dans le cours de l'histoire l'étude du phénomène
religieux et des diverses manifestations a r t i s –
tiques. Mais c'est bien à t o r t , semble-t-il, qu ' on
a i t cru pouvoir poser en f a i t que l ' a r t est, par
essence, chose aristocratique, le propre d'une
rare et minuscule élite... Bien au contraire, l ' a r t ,
dans ses multiples manifestations, comme la
religion dans ses divers cultes, est d'ordre
essentiellement populaire, au sens étymologique
du mo t . L ' a r t ne relève de l'aristocratisme que
du jour où, devenu objet de mercantilisme, i l f au t
la fortune que comporte imp l i c i t ement le mo t
aristocratie
pour offrir en or la contre-valeur des
objets d ' a r t .
T R O I S
C O N F É R E N C E S
S U R
L ' A R M É N I E
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Fonds A.R.A.M