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TRO I S CONFÉRENCES SUR L ' ARMÉNI E
t r i b u n a l , non pas exotique, comme ceux des po-
testats des républiques italiennes, mais égyptien,
composé, dans une p r o p o r t i on à déterminer, de
juges indigènes et de juges choisis dans les t r i b u –
naux étrangers. Les résidents, sans doute, de–
v r a i en t , par suite, renoncer à des usages com–
modes et n'obtiendraient plus gain de cause
par l a seule pr o t e c t i on vigoureuse d ' un agent
consulaire menaçant. Les consuls eux-mêmes
perdraient leur pouvo i r d ' i n t e r v en t i on a r b i –
t r a i r e , mais ce serait t o u t p r o f i t pour leur pays,
car, dégagés de l a sollicitation d'intérêts p a r t i c u –
liers souvent inavouables, ils se consacreraient
mi eux à la t u t e l l e des intérêts généraux devenus
leur unique préoccupation ».
Telle f u t la belle et grande conception que
Nuba r Pacha eut l a gloire de réaliser.
Mais cette Réforme, en établissant une justice
égale pour tous, européens et indigènes, devait,
en outre, dans la pensée de Nubar Pacha, me t t r e
aussi un frein au pouvo i r absolu des Vice-Rois,
en les rendant, comme les simples particuliers et
le gouvernement lui-même, justiciables des T r i –
bunaux Mixtes. Ce b u t , comme l'expérience l ' a
montré dans la suite, f u t a t t e i n t , et c'est ce
q u i a f a i t écrire
à
Emi l e Ollivier, dans le cha-
Fonds A.R.A.M