L'ÉPOPÉE ARMÉNIENNE
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consacré à cette réforme judiciaire, t o u t un cha–
pitre de son
Empire
Libéral,
Je ne puis mi eux faire que d'en citer ce pas–
sage où, après avoir f a i t l'historique des c ap i t u –
lations et avoir montré comment leur applica–
t i o n en Egyp t e était devenue abusive, Emi l e
Ollivier ajoute :
«
Les consuls, excipant de la nécessité de l a
présence d u dr ogman au procès et d ' un délégué
dans l'exécution d'une sentence, paralysèrent
l ' a c t i on du juge t e r r i t o r i a l , se substituèrent à l u i ,
et devinrent, en f a i t et contre le d r o i t , les véri–
tables juges, non seulement des litiges entre
Européens, mais de ceux entre Européens et
indigènes, et ils employèrent souvent ce pouvoir
à faire t r i omphe r des demandes d'indemnités
absolument iniques, véritable chantage exercé
contre un gouvernement faible. Cet empiétement
du pouvoir consulaire f i n i t par être dommageable
aux Européens eux-mêmes, car ils relevèrent
ainsi de dix-sept j ur i d i c t i ons différentes, souvent
en opposition entre elles, de telle sorte que, peu à
peu, l'anarchie la plus désastreuse s'établit et
qu ' on p u t dire q u ' i l n ' y ava i t plus de justice en
Egyp t e .
«
Nubar eut la pensée géniale de constituer u n
Fonds A.R.A.M