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T R O I S
C O N F É R E N C E S S U R L ' A R M É N I E
romaines, t a n t de bandes détachées du gros des
envahisseurs goths, avares, huns et petché-
nègues, t a n t d'oppresseurs slaves, bulgares et
turcs on t successivement opprimé les paisibles
cultivateurs du pays, que leur disparition,
comme race distincte, aur a i t pu sembler iné–
v i t ab l e . Mais, en dépit des inondations et des
remous de peuples q u i ont , à diverses époques,
recouvert la popu l a t i on des Dàces latinisés,
ceux-ci,
grâce sans doute à la culture plus haute
qu'ils tenaient de leurs ancêtres
et qu'ils gardaient
à l'état l a t en t , ont toujours fini par émerger du
déluge dans lequel on les croyait engloutis. Les
vo i c i ma i n t enan t qu i , dégagés de t o u t élément
étranger, se présentent au mi l i eu des autres
peuples et réclament leur place, comme na t i on
indépendante! Ils justifient amplement leur
v i eux proverbe :
Romoun no pere !
«
Le Rouma i n
ne périra pas! » D'ailleurs leur nombre s'accroît
rapidement, peut-être de quarante à cinquante
mi l l e personnes par an .
1
»
Cette prophétie d'Elisée Reclus n ' a pas tardé
à se réaliser et, t o u t récemment, à Paris, on
apprenait que la Roumanie célébrait le cinquan-
1.
Cf. Elisée R E C L U S ,
Nouvelle géographie universelle...
I ,
l'Europe méridionale... (Paris, 1875), in-4°, p. 247-248.
Fonds A.R.A.M