nécessaire à sa consomma t i on journal ière. AUMssaî , on
t i :na que mon lai t était, comme qual i té, supérieur à celui
vendu par les Arabes. De ce momen t je devins lé f our n i s –
seur attitré de la maison et je l i v r a i de
2 0
à
3
o
ocques d ^
i
l a i t pp ."jôtfr. A cette tâche j ' appor tai s l ' a t t ent i on l a . p l u s
gr ande^ .egâte aussi quel rude métier. Tous les mât ins ,
auel termes qu ' i l fît, j 'al lais par des . chemins couverts de
%
à une demi -heure de distance dans la banlieue,
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f l f de près à la prise de l a i t ; pui s j ' accompagnai l ' homme
'
^ c h a r g e a i t la prov i s i on sur son dos pour le t ranspor ter
v i l l e . C'était un ci-devant commerçant arménien q u i ,
t
ne pas mou r i r de f a im, s'était improvisé por tefaix . Le
^heur des fami l les indigènes que je voyais sur ma route
!
J fenne par l'entrebâillement d'une porte rendai t encore
^JuS'pénible la condi t i on où j'étais réduite. Je me résignais
pou r *
\
la destinée qu i en me pr i van t de t ou t , me faisait
pa.^ /
^îétier à l 'autre, t our à t our , servante, nour r i ce
de nuit*,
>titutrice, ouvrière, laitière. Je me résignais à
l'idée réc .ifortante q e le t rava i l est chose sacrée et qu ' i l
n'est p o i n
u
de besogne, si humbl e soit-elle, qu i puisse
déshonorer, tant
a
"
e
l'a
me
n'est pas asservie.
Tro i s anne
^ont passées, mais les souflfrances de
l 'ArméH j n ne-sont pas encore finies. Heur eux ceux q u i sont
-
vr
s. Bravant t^-ute pudeur , la Presse turque , ose soutenir
que ies d ^ortations décrétées par le gouvernement n ' ont eu
que le caractère d ' un s imple transfert des popul at ions , j us -
t i
f
^ par de
xess i tés mi l i t a i r es , et que les circonstances
q u i les o n . entes meurtrières n'auraient été qu'accidentelles ;
mais oVmme elle ne peut t ou t nier , elle prétend aussi que le
Fonds A.R.A.M