LES FAITS
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un épisode dans l'histoire des massacres, et non point
une trahison
(1).
L'occupation
de Van fut une étape
dans les opérations des troupes russes contre le nord
de la Perse et la région de Van, et non point une
action en faveur des. Arméniens de Van. Les deux évé–
nements, celui de la légitime défense des
Arméniens
de Van contre un massacre qui les menaçait, et celui
de la marche en avant des Russes n'ont entre eux au–
cun rapport de cause
à
effet.
Si les Turcs avaient eu
des troupes suffisantes et des chefs capables, de façon
à arrêter la marche en avant des Russes, qui leur enle–
vèrent les régions du nord de la Perse et la moitié
nord-est du vilayet de Van, cet épisode n'aurait eu au–
cune portée pour la situation générale de la guerre à
la frontière du Caucase et de la Perse. Par leur propre
défense les Arméniens de Van ne visaient pas à autre
chose qu'à sauver la vie des leurs. Ils auraient eu autre–
ment le même sort que les Arméniens des autres v i -
layets.
Dans certains milieux de Berlin on racontait, déjà en
juin, que le vali de Van, Djevded bey, beau-frère du
Ministre de la Guerre, Enver pacha, avait été blessé
dans son konak par une bombe arménienne, que sa vie
était en danger, et que, par représailles, un tribunal pro–
cédait contre les Arméniens. Des voyageurs allemands
apportèrent, en octobre, de Constantinople, la nou–
velle que Djevded bey, tué par les Arméniens, avait été
traîné par eux dans les rues. Ces deux nouvelles sont
toutes deux inventées de toutes pièces. Djevded a,
trois jours avant l'entrée des Russes, quitté Van en
(1)
Ceci est
confirmé par les Allemands présents au
siège,
Fonds A.R.A.M