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RAPPORT DU D' LEPSIUS
mettre des canons en position contre eux. I l y avait alors,
à Van, de 10 à 15 canons de fabrication ancienne, et des
mitrailleuses neuves qui étaient arrivées récemment
d'Erzeroum avec un détachement de soldats. A la même
heure où le vali cherchait à s'emparer des chefs, des
massacres avaient commencé à Ardjitsch et dans les v i l –
lages de Hayoz-Dzor. Les Arméniens de la ville de Van
ne pouvaient s'attendre à autre chose qu'à voir décréter
contre eux un massacre ; ils avaient même ouï dire que
le vali avait demandé d'Erzeroum de 6 à 7000 hommes
à cheval et qu'il avait incidemment dit que la situation
des Arméniens devenait critique.
Nous donnons maintenant le récit du missionnaire
américain qui a vécu au milieu des événements qui
suivirent (1).
L E SIÈGE DE VAN .
«
Van est une ville entourée de jardins et de vignobles,
située au bord du lac de Van, dans une plaine entourée
de hautes et majestueuses montagnes. La ville, environ–
née de remparts, renferme le bazar et la majeure partie
des édifices publics. Elle est dominée parla forteresse,
un bloc de rochers puissant, qui s'élève à pic de la
plaine. Elle est couronnée de hauts remparts et de for–
tifications et porte sur son flanc, du côté du lac, les
fameuses inscriptions cunéiformes. Le faubourg est ap–
pelé « aïguestan » (jardins) parce que chaque maison y
possède son jardin ou sa vigne. I l s'étend à 4 milles
(1)
Ce récit américain est confirmé par les renseignements
fournis par M . SPÔRRI, directeur de l'orphelinat allemand,
qui a quitté le dernier la ville, après la destruction de Van,
et est rentré par la Russie.
Fonds A.R.A.M