LES FAITS
95
le cas où les mesures projetées contre les Arméniens,
qui ne s'attendaient encore à rien de mal de sa part,
se heurteraient à une résistance. Soudain, i l se démas–
qua et montra ses véritables intentions.
A Chatak, petite localité de .plus de 2.000 habitants,
en majorité grégoriens et catholiques et Kurdes pour
un petit nombre, située aux sources du Tigre oriental
(
à 150 kilm. au sud de Van), un certain Daschnakzagan,
nommé Hows.ep, fut arrêté le 14 avril par des gen-
darmesv..Ses amis
s
voulurent le délivrer ; i l y eut une
bagarre sanglffnte. Qttàrïd le vali en fut informé, i l fit
venir les trois chefs des Daschnakzagans, Vramian,
Ischkhan et Aram, et les pria d'aller à Chatak avec le
mudir de la police de Van, pour vider le différend. Le
Comité décida qu'Ischkhan irait à Chatak avec trois
autres Arméniens nommés Vahan, Kotot et Miran. Le
mudir de la police amena avec lui quelques zaptiehs
tscherkesses. En chemin, dans la vallée de lïayoz-Dzor,
ils passèrent la nuit dans le village de Hirtsch. Lorsque
les quatre Arméniens furent endormis, le mudir les fit
assassiner par les tscherkesses pendant leur sommeil,
Dans la matinée du jour suivant avant même que les
Arméniens de Van aient eu connaissance de l'assassinat,
le vali de Van, Djevded bey, fit mander les deux autres
chefs arméniens Vramian et Aram. Ce dernier était, par
hasard, absent. Vramian va trouver le vali en toute con–
fiance. I l est arrêté au moment où i l franchit le seuil
du konak. Le vali l'envoie aussitôt ligoté à Bitlis. De
Bitlis, où, en sa qualité de député de Van, i l était parti–
culièrement en vue, i l est transporté vers Diarbékir, et
tué en chemin,
Ce même matin, le vali, Djevded-bey, préparait l'at–
taque contre les deux quartiers arméniens, et faisait
Fonds A.R.A.M