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RAPPORT DU D
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LEPSIUS
leurs bandes. Comme les troupes régulières turques
n'étaient qu'en petit nombre, les kurdes hamidiehs et les
Tschettehs (bandes) profitèrent de la bonne occasion pour
attaquer et piller les villages arméniens sans défense.
ARTWIN ET ARDANOUSCH.
Dans la marche en avant des Turcs contre Batoum et
Olti, les villages arméniens des régions russes, occu–
pées parles Turcs, furent massacrés par des bandes sem–
blables. Ainsi, dans la région d'Ardanousch et d'Olti, les
villages de Berdous et de Yorouk furent pillés, 1276 Ar–
méniens tués, et 250 femmes et jeunes filles enlevées ;
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femmes s'empoisonnèrent pour ne pas être violées,
Le reste, environ 500 femmes et enfants, fut délivré par
les troupes russes. Dans les districts du Tschorok infé–
rieur, qui se jette dans la mer Noire près de Batoum, les
Adjares (Géorgiens mahométans) se joignirent aux Turcs
et prirent part aux massacres que les bandes turques
firent dans les villages arméniens d'Artwin et d'Arda–
nousch, dans la vallée du Tchorok. Le nombre des Ar–
méniens du Caucase massacrés dans cette région par les
Turcs et les Adjares est estimé à 7.000. Dans le village
d'Okrobakert, près de Batoum, les Adjares exigèrent des
Arméniens de leur livrer leurs filles pour leurs harems,
menaçant, en cas de refus, de les massacrer tous.
Le vilayet d'Erzéroum s'étend au sud de la frontière
russe, au-dessous de la chaîne d'Aghri-dagh, jusqu'à
l'Ararat. Cette cime s'élève entre la frontière septen–
trionale du vilayet de Van et la frontière sud de la
Transcaucasie. C'est là, dans une région en forme de
cœur, que l'Euphrate oriental prend sa source. Cette
région s'appelle Alaschkert.
Fonds A.R.A.M