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non pas à cause du grand nombre de guer–
riers qu i tombèrent dans l'action, mais parce que
les Perses s'y étaient préparés grandement et
depuis longtemps, et que, dans leurs rangs,
figurait l'élite de leur armée. E l l e f ut dite grande,
parce que la vaillance et l'énergie, qu'on y dé–
ploya de pa r t et d'autre, f ur en t v r a imen t hé –
roïques. E l l e fut dite grande encore, cette ba–
taille, parce que les Arméniens la livrèrent pour
une cause grande, généreuse et sacrée. L a vic–
toire ne resta pas à ces derniers, et cependant,
quand on considère le petit nombre de leurs
morts auprès des pertes énormes de leurs en–
nemis de beaucoup plus nombreux , on peut
dire que les Arméniens n'y furent pas les v a i n –
cus mais les vainqueurs.
I l y eut d i x princes tués dans ce combat
et 287 autres vaillants personnages, dont presque
la moitié,
137,
étaient de la maison des Mam i -
gonien et parents de Va r t a n . Les Perses ne
firent grâce n i aux blessés n i aux prisonniers.
I l s les firent écraser sous les pieds de leurs
éléphants ou les tuèrent de leurs mains.
1036
hommes trouvèrent l a mo r t à cette mémorable
affaire, tant dans la mêlée que massacrés après
la victoire, comme nous venons de le dire.
Les Perses y p e r d i r en t neuf de leurs plus
grands princes et 3544 autres entre soldats et
Fonds A.R.A.M