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qu'ils avaient commise en reniant l eu r f o i , même
seulement en apparence.
L a nouvelle de la mo r t de Va r t a n se ré –
pand i t aussitôt dans les rangs des Arméniens,
q u i , découragés et voyant que le soleil était à
son déclin, poussèrent des cris de désolation,
qu i épouvantèrent l'ennemi. I l s r omp i r en t les
files des Perses, qu i les enveloppaient, et se
sauvèrent du camp. U n certain nombre d'entre
eux passa le fleuve et passa la nu i t aussi l o i n
que possible de l'autre côté. L ' au t r e partie resta
en deçà du Te lmoud . Les évêques et les prêtres
suivirent l'armée dans sa retraite. Tous ga–
gnèrent F intérieur du pays et se réfugièrent
dans des villes fortifiées.
L a retraite des Arméniens causa plus d'effroi
aux Perses que leur intrépidité acharnée sur
le champ de bataille, E n fuyant, les Arméniens
avaient troué leurs rangs et les avaient repous–
sés avec une véhémence et une audace inouïes.
Les Perses, quoique v i c t o r i eux , c r a i gn i r en t que
les Arméniens, après avoir pris un peu de
repos, ne revinssent sur leurs pas pour recom–
mencer le combat, et ceux-ci l eu r avaient donné
des preuves de leur bravoure et de leur va –
leur. On peut supposer qu ' i l en eût été ainsi,
si Va r t a n avait vécu.
Cette bataille fut dite grande et décisive,
Fonds A.R.A.M