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dans l a boue, i l poussa son cheval en arrière
afin de le faire marcher par ses sauts en avant.
L e s flèches tombaient sur lui comme de l a grêle ,
i l se servit alors de son bouclier pour se dé–
fendre contre elles. I l attrapait quelquefois en
l'air les javelots qui lui étaient lancés et de s
m
bras vigoureux les relançait à l'ennemi. I l pous–
sait en même temps toujours son cheval vers
le sol ferme. On dit qu'il laissa dans l a vase
une de ses chaussures.
Voyant pourtant que, malgré tous ses efforts,
il ne pouvait faire avancer son cheval et qu'il
mettait sa vie en danger, en prolongeant cette
situation, i l abandonna la bête, et, couvert de
boue, n'ayant qu'un pied chaussé, i l se précipita
sur les ennemis comme un lion, fendit leurs
rangs et arriva jusqu ' au prince Vourgh, leur
chef. I l le tua avec un grand nombre d'hommes
de sa garde et refoula les autres. Puis, délivrant
son cheval du marais, i l sauta dessus, fondit
de nouveau sur les ennemis et jeta l a terreur
dans leurs rangs.
Le s satrapes arméniens, qui se battaient de
l'autre côté, virent ce prodige de bravoure. I l s
en furent enthousiasmés et redoublèrent de vail–
lance. E n même temps, Vartan avec son glaive
abattait un grand nombre d'ennemis. L e s en–
nemis repoussés de tous côtés et voyant l a mort
T O M E I I
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Fonds A.R.A.M