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L E S A R S A C I D E S
C H R É T I E N S
Artaxata et VaZarchapat
1
.
Près de Dwin, i l planta une vaste
forêt, à la manière des « paradis » perses, remplie de bêtes rares
pour les plaisirs de la chasse royale. « Cette forêt longeait la rive
jusqu'au palais de Tiknouni que le roi nomma Tadjar-maïri
(
palais du bosquet). Une autre forêt fut plantée au sud de ]g
première. On la nomma Khosrovakert (plantation de Khosrov)
C'est là qu'on construisit le palais royal
2
A l'extérieur, Faustus et Moïse de Khorèn nous affirment que,
sous le règne de Khosrov I I , lajeune Église arménienne commença
à essaimer hors des frontières du royaume. D'après ces auteurs,
Grigor, fils du patriarche Verthanès, alla évangéliser les Ibères
(
Géorgie) et les Albaniens ou AZouans (Aghouans)
3
(
ici Albanie
méridionale, pays de Pha ï t aka r an , vers le confluent de l'Araxe
et de la Koura). I l fut martyrisé dans la plaine de Vatnéan par
Sanatrouk ou Sanésan, prince de Pha ï t aka r an , lequel, nous
affirme Moïse de Khorèn, était, comme les rois d'Arménie,
d'origine arsacide, mais refusait d'abjurer le paganisme
4
.
Faustus raconte que Sanésan envahit ensuite l'Arménie avec des
bandes de nomades sortis de la steppe russe ou de la Ciscaucasie,
Alains et autres. Le roi Khosrov et le patriache Verthanès furent
réduits à se réfugier dans la forteresse de Tariounq (Bayazid),
province de Kogovit ; mais les héros Vatché, chef de la maison
des Mamikonian, que secondaient d'autres féodaux comme
Bagrat Bagratouni, Vahan Amatouni, Méhoudak i?echtouni et
Garégin .Rechtouni, rétablit la situation. Vatché battit les
envahisseurs devant VaZarchapat et tua Sanésan dans une
seconde bataille devant Ochakan, dans le canton d'Aragatzotn
5
.
Selon Moïse de Khorèn les Arméniens, pour repousser l'invasion,
avaientd'abordfaitappelaux Romains dont le général Antiochus,
força Sanésan (ici Sanatrouk) â se réfugier un tmomen chez le
roi de Perse Sapor I I
6
.
Arménisation
des provinces du Nord-Est. La Siounie
Défait, i l était naturel que depuis la conversion de Constantin
les Romains soutinssent les rois d'Arménie, leurs coreligionnaires
tandis que les Sassanides soutenaient les derniers tenants du
paganisme arménien. Quant à l'évangélisation des AZouans ou
1.
Sur l'origine iranienne ou plutôt pré-iranienne du nom de Douîn-
D v i n , cf. MINORSKY,
Le nom de Dvin, Revue des Études Arméniennes,
1.10
1, 1930,
p. 117-120.
2.
FAUSTUS, 1. I I I , ch. v i n . Cf. MOÏSE, 1. I I I , ch.
\
m .
3.
On sait que les Grecs appelaient
Albanoi
le peuple que les Arméniens
nommaient A/ouanq, mot prononcé depuis Aghouanq,
4.
FAUSTUS, I I I , ch. v i . MOÏSE, I I I , ch. n i .
6.
FAUSTUS, I I I , ch.
v u .
6.
MOÏSE, I I I , ch. v i et ix.
Fonds A.R.A.M