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L E S A R S A C I D E S
C H R E T I E N S
d'Erzindjan) (vers 330 ?)
K
Peu après
(
y*.
333 ?)
le chefde l'Égra
arménienne, Aristakès, fut assassiné de même par un seignel
dans le canton de Dzophq (Sophanène)
2
.
L'Église et le trône
semblaient simultanément remis en question.
Cependant l'un et l'autre réussirent à se maintenir. Le corp
s
de Tiridate I I I fut, d'après la même source, enterré au mili
et
du deuil général à Thordan, dans le DaranaZiq, près de celui dt
son ami, saint Grégoire l'Illuminateur. Le fils de Tiridate,
Khosrov I I le Petit, lui succéda avec l'appui du clergé. De fait
nous le voyons en parfait accord avec le nouveau chef de 1 ' Église
arménienne, Verthanès, frère et successeur d'Aristakès. San;
doute l'Église et la royauté éprouvaient-elles le besoin de s'unit
étroitement contre les périls qui les menaçaient l'une et l'autre
la révolte païenne contre l'Église, la révolte féodale contre tj
royauté. Faustus de Byzance et Moïse de Khorèn nous racontent
comment le patriarche Verthanès faillit être massacré au Tarôn
dans le sanctuaire chrétien d'Achtichat qui avait remplacé lt
fameux temple du dieu Vahagn, tentative poursuivie par « des
gens qui gardaient en secret le culte invétéré du paganisme et de
l'idolâtrie »
3
.
La particulière animosité des derniers païens contre
l'Église provenait sans doute de ce que les anciens sanctuaire
des dieux nationaux avaient été attribués en propre aux manses
épiscopales ou aux monastères
4
.
D'autre part, les familles à
satrapes
(
nakhararq)
héréditaires ne songeaient qu'à s'affranchit
de la royauté. D'après Moïse de Khorèn, à la mort de Tiridate III.
le
bdéachkh
Pakour ou Bakour, seigneur de l'A/tzniq (Arzanène,
au sud-ouest de Bitlis), se proclama indépendant. « Comme il nt
pouvait prendre le titre de roi, parce qu'il n'était pas arsacide,
i l ne voulut pas du moins être un vassal. Séparé de la confédé–
ration des Arméniens, i l fit alliance avec le roi de Perse Hor-
mizd
5
. »
Le nom de Hormizd I I qui a régné de 302 environ à
310,
est ici impossible. Toutefois Faustus de Byzance qui paraît
se servir d'autres sources, confirme le fait en soi. Le prince
d'AZtzniq, nous dit-il, était un des grands vassaux portant li
titre de
bdéachkh,
«
un des quatre personnages occupant la pre–
mière place et le premier coussin au palais du roi. Or i l se rangea
du côté des Perses ». Mais i l avait trop présumé de ses forces : la
maison d'AZtzniq fut vaincue par les troupes loyalistes à la têlt
desquelles nous voyons figurer un prince de Siounie nomnit
VaZinak lequel remplaça alors Bakour dans ses honneurs et
1.
Trad. LANGLOIS, t.
1,
p. 194.
2.
MOÏSE D E K H O R È N , 1. I I , ch. L X X X X I , p. 130.
3.
FAUSTUS, 1. I I I , ch. m , p. 2 1 1 . MOÏSE, 1. I I I ,ch. n , p. 134.
4.
C'est ainsi qu'au témoignage de Moïse de Kh o r è n , le bourg de TW
dans l'Ekéfêatz (Acilisène), sanctuaire de N a n é , avait été donné au patriarctie
Aristakès qui y fut enterré (MOÏSE, 1. I I I , ch. n).
5.
MOÏSE, I I I , ch. iv, p. 135.
Fonds A.R.A.M