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MOÏSE DE KHORÉNE.
sont appelés Pahlav, comme aussi les descendants
de son frère Vagharschag sont
nommés
Arscha*
gouni (Arsacides) du nom de leur ancêtre. Voici
les rois Pahlav : après Arschag le Grand, Ars-
chagan prend le pouvoir la trentième année de
Vagharschag, roi d'Arménie, et règne trente ans.
EnsuiteArschanag ( i ) trente et un ans, puis Archèz
vingt ans, puis Arschavir quarante-six ans. Celui-
ci eut trois fils et une fille, comme je l'ai dit plus
haut
( 2 ) .
Le nom de l'aîné est Ardaschès, celui
du second Garèn, celui du troisième Sourcn, et
la fille s'appelait Goschm.
A la mort de son père, Ardaschès voulut, dans
sa postérité,- régner sur ses frères. Ceux-ci con–
sentent, non pas tant à cause de ses paroles
douces et trompeuses, mais [contraints] par la
force. Abgar, avec des traités et des conventions,
établit qu'Ardaschès régnera dans sa postérité,
et, si sa descendance vient à manquer, ses frères
occuperont le trône, par droit d'aînesse. Ardas–
chès, ayant obtenu de ses frères ce résultat, leur
concède des provinces et érige pour eux des sa–
trapies dénommées d'après l'appellation de chacun.
I l classa ces satrapies au-dessus de toutes les au–
tres, en conservant à chacune le nom primitif de
la race d'où elles sont issues, à savoir : Garèn
Pahlav, Sourèn Pahlav ; et la satrapie de la sœur
Asbahabed Bahlav, parce que son époux était
le commandant en chef des troupes. Beaucoup
d'années s'écoulèrent [sous le réghne de] ces dis–
positions, jusqu'au moment où la royauté leur
fut arrachée.
Mais ne nous blâme point comme nous livrant
à un travail superflu, sous prétexte que nous
avons reproduit des faits déjà rapportés. Sache
que c'est à dessein que nous avons derechef
raconté ces faits, afinque les lecteurs soient édifiés
sur la race de notre Illuminateur.
CHAPITRE LXIX.
De la postérité d Ardaschès, roi de Perse, jusqu'à
la chute [de sa dynastie].
Nous allons établir la série des rois de la race
d'Ardaschès, jusqu'au moment où la puissance
leur fut enlevée. Après Arschavir, ainsi que nous
l'avons dit, Ardaschès règne trente-quatre ans,
Darius trente ans, Arschag dix-neuf ans, Ardas–
chès vingt ans, Béroze trente-quatre ans
(3),
Va–
gharsch cinquante ans, Ardavan trente et un ans.
(1)
Deuxmss. donnent la variante :
Arschag puis
Ardaschès.
(2)
Cf.
plus haut, ch.
27
et
33
du liv. I I .
(3)
Deuxmss. donnent le nombre
trente-trois ans.
Ardaschîr
,
de
Sdahr
(1),
fils de
Passan, tue Ardavan
et s'empare du royaume des Parthes qu'il prive de
leur dynastie héréditaire. L'histoire de cette
époque est écrite par un grand nombre de Perses,
de Syriens et de Grecs, car, depuis le commen–
cement de leur empire jusqu'à sa chute, les
Par-
thes eurent des relations avec les Romains;
tantôt
ils leur étaient soumis, tantôt ils leur faisaient la
guerre, ainsi que le racontent Paléphate
(
a),
Porphyre
(3),
Philémon
(4)
et beaucoup d'autres
écrivains. Mais nous ne parlerons que d'après le
livre apporté par Khorohpoud, sous le nom de
Barsouma.
CHAPITRE LXX.
Quelles sont lesfables touchant
les
Bahlaviens.
CeKhorohpoud, étant secrétaire de Sapor (Scha-
bouh), roi des Perses, tombe au pouvoir des
Grecs lorsque Julien l'Apostat
(5)
était à Ctésiphon
(
Dispon). Julien étant mort, Khorohpoud alla en
j
Grèce avec Jovien, au nombre des officiers im-
I périaux, et ayant embrassé notre religion, i l fut
nommé Éléazar. Instruit dans la langue grecque,
i l écrivit les actions de Sapor et de Julien. 11 tra–
duisit ensuite en un volume l'Histoire des temps
primitifs, composée par un de ses compagnons
de captivité, appelé Barsouma et que les Perses
nomment Rasdsohoun
(6)
.
Nous reproduisons les
données de cet ouvrage, en omettant le merveil–
leux de leurs
fables.
Car i l serait déplacé de ré-
(1)
Sdahr est le nom de l'ancienne capitale de la Perse,
que les Grecs et les Latins nomment Persépolis.
(2)
Paléphate d'Abydos, noÀaîçaxo; 'Aêv5r,v6;, histo–
rien grec cité par Suidas, avait composé entre autres
ouvrages un livre intitulé
Trolca,
dont il ne reste que
des fragments fort courts qui se Usent dans Etienne de
Byzance, saint Clément d'Alexandrie et dans Strabon. —
Cf. Ch. Millier,
Fray. hist. grxc.,
t. I I , p. 338-339.
(3)
Porphyre de Tyr, historien et philosophe, que cer
-
tains critiques croient être le même que Dionysius Cas-
siofi Longinus, avait composé plusieurs ouvrages, dont
il ne reste que des fragments que nous ont transmis Eu-
sèbe et le Synceîle. Aboulpharadj
{
Hist. dpi.,
p. 84
)
dit
que Porphyre avait composé uneHistoire des philosophes
dont une partie avait été traduite en syriaque. —Cf.
Ch. Muiler,
Prag. hist. grxc,
t. I I I , p. 688 et suiv.
(4)
On ne sait rien de cet écrivain qui est peut-être
le même qu'un certain Philémon, officier de Ptoléraée I I ,
dont Pline a parlé à plusieurs reprises
(
Hist. nat.
;
IV,
27;
XXXVII,
11,32).
—
Cf. Ch. Millier,
Frag.
hist. grœc.,
t. IV , p. 474.
( 5 )
Moïse de Khorène
a
transcrit
ici
le mot grec
ô itapaêàTYjç sous la forme
paravados.
(6)
Ce nom est orthographié de plusieurs manières
différentes dans les mss.
Rosdsohovn
,
Basdohoun
et
Rasâahoun.
Fonds A.R.A.M