Arméniens s'y rendirent, accompagnés de leur évêque
d'Antioche et d'autres ecclésiastiques. Ils offrirent du
sirop et du café à leurs visiteurs mahométans pendant
que ces derniers leur prodiguaient des marques d'ami–
tié et ne leur parlaient que de paix... Cette réunion
tenue pour proclamer la liberté et la fraternité n'avait
pas encore pris f in que déjà le massacre commençait...
Confiants dans les promesses des Turcs, les Arméniens
avaient négligé de prendre des mesures de défense et
ils furent pris au dépourvu.
Di ve r s témoins r app o r t en t qu ' i l s f ur en t attaqués
à la fois par les t r o u p e s
1
,
par les assassins s t i p e n –
diés et par les 400(460 d'après le r app o r t du v i c e -
consu l d ' Ang l e t e r r e à Al exandre t t e ) c r imi n e l s de
la c i tade l l e de Payaz, qu ' on avait lâchés t o u t
exprès , et qu i gagnèrent An t i o che après avo i r
anéanti le v i l l age v o i s i n de K i r i k h a n .
Reprenons la na r r a t i o n du D
r
Ma r t i n :
Armes et munitions étaient sans cesse fournies par
le dépôt du gouvernement aux réservistes comme aux
volontaires engagés pour les massacres. Ceux dont les
provisions s'épuisaient y venaient se les faire renou–
veler.
Rappo r t de la mi s s i on a l l emande :
Les musulmans, qui s'étaient coiffés du turban blanc,
couraient à la caserne se faire donner des armes. Je
demandais à l'un d'eux ce qu i se passait. « Ce n'est r i en ,
d i t - i l , c'est le quartier arménien qui brûle. »
1
De l'aveu de l'organe jeune-turc
Tanine
lui-même, 31 mai,
(13
juin), 1909.
Fonds A.R.A.M