Le missionnaire qui transmet cette lettre y j o i n t
la note suivante :
Ce qui est arrivé à Kharné s'est répété dans tous les
villages voisins. Au sud-est, se trouvait un hameau
arménien comptant en tout 27 âmes. Un brave
homme de Turc — comme i l y en a beaucoup — les
recueillit tous pendant un jour. Mais la foule alla
exiger qu'ils lui fussent livrés. Elle les fit sortir, et
un à un les assomma sur une large dalle, devant la
maison.
Dans certains villages, comme à Kenness, pas
un homme n'a échappé. Réfugiés à Hissar, les ha–
bitants de Kenness s'étaient remis entre les mains
du chef Juj i bey, qui les fit tous massacrer et dé–
pouiller, après leur avoir promis de les conduire
sains et saufs à Hissar. Femmes et enfants furent
épargnés. Mais, lorsque plus tard, on les ramena
dans leur village, ils se trouvèrent trop exposés
aux familiarités des musulmans d'alentour, et l'on
a dû faire venir d'Aïntab, pour les établir à Ken–
ness, quatre familles arméniennes avec leurs hom–
mes afin que cette petite population ne soit pas tout
à fait sans défense.
Passons à Hassan Beylik :
Hassan Beylik était un beau village, très pros–
père, éparpillé dans une vallée escarpée. I l comp–
tait 2000 Arméniens : population intelligente, i n –
dustrieuse, adonnée principalement à la séricnl-
ture. Le 16 avr i l , alarmés de ce qui se passe dans
les villages voisins, les habitants de Hassan Beylik
Fonds A.R.A.M