que de tomber entre les mains des Turcs. Une
d'elles qui cherchait à se dégager, un individu lui
ayant promis la vie sauve, fut repoussée dans
les flammes par sa propre mère. D'autres femmes
poursuivies par les rues échappèrent au déshon–
neur en se jetant dans la rivière. Ces derniers
détails sont rapportés dans six documents éma–
nant de divers missionnaires.
Revenons à l'ingénieur français, M. G..., qui a
regagné à toute vitesse Adana en voiture et sous
escorte, emmenant quelques Arméniens qu' i l a
réussi à sauver :
Nous commençons à apercevoir des colonnes de
fumée. Ce sont de riches fermes arméniennes qui sont
en feu. Celles qui appartiennent aux Turcs sont i n –
tactes. Nous voyons à 500 mètres de la route le quar–
tier arménien du village d'indjirlik qui flambe; plus
loin ce sont des bandes de Turcs postés pour assom–
mer les Arméniens en fuite. J'ai le souvenir d'un
homme à cheval galopant à une allure vertigineuse
pour sauver sa vie. Nous découvrons à tout bout de
champs des cadavres de paysans arméniens.
A Ind j i r l i k i l y avait 145 maisons arméniennes ;
toutes furent détruites. Sur une population de
700
âmes, 60 survécurent, dont 28 mâles.
Après I nd j i r l i k , ce fut le tour du petit village
de Christiankeuï, — où sur 45 maisons trois seu–
lement furent oubliées,— d'Abdi-Oglou(500 morts)
et des hameaux d'alentour. Extrait d'une lettre
sur les incidents d'Abdi-Oglou ; elle est d'un Ar –
ménien :
Fonds A.R.A.M