Aux élections de mars 1919 à l'Assemblée constituante
géorgienne, sur 130 députés 109 sont mencheviks, le reste se
partageant entre S.R., nationaux-démocrates, sociaux-fédé–
ralistes, etc. La présidence est assurée par Tchkhenkeli. L'armée
et la garde nationale, mieux équipée, comptent 50 000
hommes.
Le parlement azéri est formé en décembre 1918. Présidé par
Khankhoïski, i l compte 93 députés, en majorité moussavatistes
et S.R. de droite. La nouvelle armée groupe un peu plus de
30 000
hommes.
Malgré les mesures répressives prises contre les bolcheviks en
Géorgie et en Azerbaïdjan, ceux-ci arrivent à réunir à la
mi-décembre, près de Tiflis, à Digomi, une conférence
clandestine présidée par Mikha Tskhakaya. Jugeant sévèrement
les nouveaux pouvoirs, ils déclarent que les « soi-disant
républiques contre-révolutionnaires de la Géorgie, de l'Ar–
ménie et de l'Azerbaïdjan ne servent que les intérêts de la
bourgeoisie locale(...) Au lieu de défendre les intérêts des
ouvriers et des paysans contre les ennemis de classe, elles créent
des unités militaires appelées à défendre les privilèges de la
bourgeoisie qui se met au service de l'impérialisme britannique
pour créer une base offensive contre le pouvoir
soviétique (27) ». Et d'appeler dans leur résolution à renforcer
les organisations du parti et à réveiller la conscience des masses
pour la prise du pouvoir dans le cadre de la République
socialiste fédérative soviétique russe. Début 1919, un nouveau
comité bolchevik est élu à Tiflis. De nouvelles cellules sont
créées à Batoum, Poti, Soukhoumi et dans d'autres localités de
la Géorgie. Fin janvier 1919, à l'initiative du P.C. russe, une
deuxième conférence des organisations bolcheviques du Cau–
case est convoquée à Vladikavkaz. Présidée par Ordjonikidze,
elle invite « la classe ouvrière et paysanne, sans distinction de
nationalité ou de religion, à renverser le pouvoir existant qui la
conduit à une aventure sanglante et à se libérer du joug
capitaliste (28) ». La conférence sanctionne la composition du
nouveau comité régional, dont les membres, peu après la prise
de la ville par les blancs, se réfugient à Tiflis et à Bakou. En avril
1919
s'ouvre à Tiflis une conférence des jeunes internationa-
(27)
G.R.S.O.
(152),
doc. 162, pp. 237-241.
(28)
G.R.S.O.
(152),
doc. 162, p. 240.
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Fonds A.R.A.M