les desiderata accumulés et le gouvernement soviétique espère
qu'au cours d'échanges de vues avec son représentant, le
gouvernement arménien, convaincu que le gouvernement
soviétique suit une voie juste, trouvera la possibilité de
conclure avec celui-ci un arrangement durable et définitif et
signera un accord fondé sur des relations pacifiques et
amicales (26). »
Le 20 juillet, Legran est à Bakou où i l s'entretient avec le
général Levandovski et le Bureau bolchevik. Arrivé avec une
suite de 20 personnes le 29 juillet à Tiflis, d'où i l doit
poursuivre son voyage vers Erevan, et déçu par le peu
d'empressement manifesté par le gouvernement arménien à le
recevoir sous prétexte qu'on attend l'arrivée de la délégation
Chanth pour reprendre les pourparlers, Legran télégraphie au
président Ohandjanian : « Les intentions amicales et pacifi–
ques de la Russie soviétique ne rencontrent pas de la part du
gouvernement arménien la compréhension souhaitée pour
aboutir rapidement à un accord (...) la situation sur les
frontières de l'Arménie est telle qu'elle peut engendrer les
conflits avec conséquences graves dont seule l'Arménie por–
terait la responsabilité. » I l insiste sur le fait que le temps
presse et qu'il faut reprendre immédiatement les pourparlers
sans attendre la délégation Chanth « pour l'arrivée rapide de
laquelle toutes les mesures sont prises (27) ».
En fait, le gouvernement arménien cherche à gagner du
temps afin de ne pas s'engager avec les Soviets avant que les
négociations de Paris soient terminées. Leur conclusion,
croit-il, assurera la sauvegarde du pays et lui évitera de traiter
avec les Soviets dans une position de faiblesse (28).
Cependant, sommé au début août d'arrêter toute activité
militaire dans le Zanguezour et le Nakhitchevan où les
Arméniens combattent contre les bolcheviks et des éléments
musulmans, le gouvernement d'Erevan envoie à Tiflis ses
plénipotentiaires A. Djamalian et A. Babalian ; leur mission
est d'aboutir à un accord provisoire avec Legran afin d'éviter
(26)
Documents U.R.S.S.
(113),
vol. II, doc. 262, p. 374.
(27)
G.R.S.O.
(173),
doc. 267, p. 382.
(28)
Rapport du 1.9.1920 sur la situation militaire au Caucase : « Actuellement, le
gouvernement dachnak désire gagner du temps, espérant que l'action de l'Entente
viendra à bout du bolchevisme et réussira à maintenir l'intégrité de l'Arménie. »
(
A.M.A.E.F., Russie-Caucase, 631, f° 242).
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Fonds A.R.A.M