conditions et des témoignages de reconnaissance que les Zeïtounlis avaient adressés
aux représentants des Puissances.
H nous restait encore à surveiller l'exécution des engagements pris, particulière–
ment en ce qui concernait la remise des armes de guerre, l'amnistie générale et l'ex–
pulsion du territoire de l'Empire des membres des Comités révolutionnaires venus de
l'étranger.
Le règlement de ces trois points était, en effet, nécessaire pour assurer la solution
de la question et la l i n de l'insurrection.
La promesse de dégrèvement des impôts faite par le Sultan et l'application des
réformes, qui sont également une conséquence de l'intervention conciliatrice des
Puissances, ne peuvent produire tout leur effet que plus tard.
Dès le lendemain de l'acceptation, par les Zeïtounlis, des conditions qui leur
étaient faites, i l y a eu commencement de l'exécution de l'accord. La remise des
armes de guerre par les insurgés a commencé et s'est poursuivie d'une manière satis–
faisante.
Le Caïmacan, le Colonel Turc et les survivants de la garnison de la citadelle de
Zeïtoun, qui avaient été faits prisonniers dès le début de l'insurrection, ont été remis
en liberté et renvoyés à Marach où ils seront, paraît-il, déférés à un Conseil de
guerre.
Le i 4 courant, l'arrangement de Zeïtoun était en pleine exécution. Les quatre
chefs arméniens, connus sous la dénomination des quatre barons et dont l'expulsion
du territoire turc était décidée, venaient de partir pour Messina où ils allaient s'em–
barquer. L'agent anglais s'était plus particulièrement chargé de veiller à l'exécution
des engagements pris à leur égard.
E n f i n ,
des mesures étaient prises pour régler la situation des réfugiés chrétiens de
Zeïtoun dont le nombre est évalué à 1 3,ooo et pour assurer leur rapatriement.
L'état de ces malheureux est lamentable par suite des longues souffrances du
siège.
I l y a des malades et des blessés en assez grand nombre pour qu'il soit nécessaire
de créer à Zeïtoun un hôpital pour les soigner. Les médecins militaires seront chargés
de ce soin et les municipalités du vilayet supporteront les frais de cette installation.
Ceux d'entre eux qui auraient été reconnus indemnes de maladie contagieuse et
en état de voyager seront divisés en deux catégories; si leurs habitations n'ont pas
été détruites, i l seront renvoyés chez eux et le mudir de leur village délivrera à leur
arrivée un certificat constatant leur retour, qui sera remis à nos délégués. Si leurs
villages ont été détruits, ils seront dirigés sur Marach, logés provisoirement par les
soins des autorités turques, puis répartis entre la ville et les environs. Dans le cas où
le nombre de ces derniers serait trop considérable pour Marach, Aïn-tab et Alep
devront également en recevoir. Une commission spéciale, composée de trois chrétiens
et de trois musulmans, sera constituée pour procéder à la nouvelle installation de ces
réfugiés sans abri.
Nous pouvons donc dès à présent considérer la médiation des Puissances comme
avant produit ses principaux effets, obtenu ses résultats les plus essentiels, ceux qui
doivent ramener le rétablissement des relations normales entre les habitants de
Zeïtoun et le Gouvernement ottoman.
Fonds A.R.A.M