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Vous profiterez de votre séjour à Marache pour vérifier les événements dont cette
ville a été le théâtre; et notamment les pertes subies par les catholiques.
P. CAMBON.
N° 8 4 .
M.
BARTHÉLÉMY,
Consul français en mission à Marache,
à M. P. CAMBON, Ambassadeur de la République française à Constan-
tinople.
Marache, le 28 janvier 1896.
Je pars pour Zeïtoun. Je suis entré dès mon arrivée à Marache en communication
avec les trois Franciscains espagnols de Zeïtoun qu i , d'ailleurs, s'étaient adressés àmo i
par le télégraphe, ainsi qu'avec Edhem Pacha et les chefs de l'insurrection pour la
délivrance de ces missionnaires. J'ai recueilli à Aïntab et ici des informations sur les
événements et sur les dommages soufferts par les catholiques; j'ai déjà fait en faveur
de ceux-ci des démarches officieuses auprès des autorités locales.
BARTHÉLÉMY.
N° 8 5 .
M .
BARTHÉLÉMY,
Consul français en mission,
à M. P. CAMBON, Ambassadeur de la République française à Constan-
tinople.
Marache, le 29 janvier 1896.
Le vent qu i , du liant de l'Akhour Dagh, souffle en tempête depuis hier matin m'a
obligé à rentrer à Marache. Demain matin, je tenterai de passer par une autre route.
Les musulmans d'ici méditent un nouveau massacre : j'enverrai aux autorités les noms
des chefs du complot. Un catholique vient d'être frappé d'un coup de poignard par
un soldat, sans provocation.
J'emmènerai avec mo i le curé catholique de Zeïtoun, qui s'est échappé i l y a
quelque temps.
BARTHÉLÉMY.
Fonds A.R.A.M