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M .
BARTHÉLÉMY,
Gérant du Consulat de France à Alep,
à M . P. CAMBON, Ambassadeur de la République française à Constan–
tinople.
Alep, 11 décembre i 8 g 5 .
Le drogman du couvent de Marach a été tué le
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8
novembre en face de la mis–
sion ; les zaptiés préposés à la garde extérieure de celle-ci ont assisté impassibles à ce
meurtre.
BARTHÉLÉMY.
N° 175 .
M.
DE
LONGEVILLE,
Vice-Consul, Gérant le Consulat de France à Alep,
à M. P. CAMBON, Ambassadeur de la République française à Constan–
tinople.
Alep, 28 j u i n 1895.
Nous apprenons par des lettres venues d'Aïntab que le Gouverneur a été forcé par
la population musulmane de cesser les percpiisitions commencées en vue de retrou–
ver les objets volés pendant les massacres. Des délégués de la population se sont
portés au Konak en faisant des menaces de rébellion ouverte si la liberté n'était pas
immédiatement rendue à une trentaine de musulmans emprisonnés. Ces menaces ont
eu pour résultat de faire céder l'autorité et la population chrétienne est vivement i n –
quiète de cet aveu d'impuissance.
LONGEVILLE.
N° 176.
M . POGNON, Consul de France à Alep,
à M. P . CAMBON, Ambassadeur de la République française à Constan–
tinople.
A l e p , le 11 j u i l l e t 1896.
Je viens de recevoir des capucins d'Orfa une lettre dans laquelle ces missionnaires
me font part des craintes que leur inspire l'attitude des musulmans de cette ville. I l
paraît que la population musulmane s'arme depuis plusieurs semaines, que de fré–
quents conciliabules sont tenus et qu'un grand nombre de musulmans se réunirent
même, i l y a quelques jours, en vue d'une action commune, dans une mosquée qui
fut immédiatement cernée par la troupe.
A Biredjik, la situation est peut-être encore plus grave.
Fonds A.R.A.M