N ° 1 6 0 .
M . DELA BOULINIÈRE, Chargé d'Affaires de France
à.
Cons t ant i nop l e ,
à M . SUMMARIPA, Vi c e -Consu l de France à Mers ine .
Péra, le 16 ma i 1896 .
Le Président de la République vient de conférer au mutessarif de Yarpouz, Khaïri
Bey la croix d'officier de la Légion d'honneur, et au mouhassabadji Mohammed-
Moukhtar Effendi la croix de chevalier, en témoignage de reconnaissance pour leur
belle attitude au moment des troubles d'Akbès et de Cheikblé.
Veuillez leur faire connaître la distinction dont ils sont l'objet et présentez-leur
mes félicitations.
J. DE LA BOULINIÈRE.
X I .
É V É N E M E N T S D E C É S A R É E E T D ' A N G O R A .
(
DÉCEMBRE 1895.
—
SEPTEMBRE 1896.)
N ° 1 6 1 .
M . Ai ph . GUI LLOI S , Vice-Consul de France à Angora,
à M . P. CAMBON, Ambassadeur de la République française à Constan–
tinople.
Angora, Je 18 décembre 1896 .
Je suis en mesure de donner à Votre Excellence des renseignements précis sur les
événements qui se sont passés récemment à Césarée. I l est parfaitement exact que
les Arméniens n'ont pris aucune initiative dans ces tristes événements, qu'ils ont été
surpris, et qu'ils ne se trouvaient même pas en état de se défendre, tandis qu'il est
établi que les Turcs seuls ont formé secrètement ce complot et l'ont exécuté. I l est
vrai que, depuis plus de deux semaines avant ces massacres, les bruits les plus alar-
ments circulaient en ville, et on présageait un massacre des Chrétiens; mais le M u –
tessarif, le Commandant de la place et le Mufti avaient fait mander les chefs des
communautés religieuses, ainsi que quelques notables, et leur avaient affirmé cpie
l'ordre et la tranquillité ne seraient pas troublés. Sur ces promesses rassurantes, le
marché, qui était resté fermé pendant plusieurs jours, avait repris les affaires, lorsque
samedi 3o novembre, vers
2
heures de l'après-midi, les désordres éclatèrent sur
plusieurs points à la fois. Les Turcs fermèrent les portes des bazars couverts (ils sont
D
OCUMENTS DIPLOMATIQI ES.
—
Arménie.
1
5
Fonds A.R.A.M