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Je prie Votre Excellence de me faire savoir si elle croit ma présence utile à Akbès
pour affirmer la protection que méritent nos missionnaires encore inquiets.
SUMMARIPA.
W
151 .
M. P. CAMBON, Ambassadeur de la République française à Constantinople,
à M. SUMMARIPA, Vice-Consul de France à Mersine.
Péra, 28 mars 1896.
Rendez-vous à Akbès.
P. CAMBON.
N° 152.
M. SUMMARIPA, Vice-Consul de France à Mersine,
à M. P. CAMBON, Ambassadeur de la République française à Constan–
tinople,
Mersine, le 28 mars 189(3.
J'avais été averti le 2 6 par votre Drogman à Adana que les localités d'Akbès et de
Cheikhlé étaient assiégées et que, la veille, le Vali avait, pendant plusieurs heures, cor–
respondu par télégraphe avec le Mutessarif du Djebel Béréket et avec Constan-
I inople.
Je me rendis tout de suite à Adana pour interroger le Vali. I l m'apprit que les
Arméniens, à Killès, avaient provoqué des désordres en blessant deux Turcs; que les
Kurdes des environs, au nombre de mi l l e , avaient voulu assaillir Killès, mais que
repousses énergiquement ils s'étaient enfuis du côté d'Akbès où leur apparition avait
alarmé les esprits; qu'il avait reçu quelques minutes avant mon arrivée un télégramme
de Djebel l u i annonçant l'arrestation de treize Kurdes et la dispersion des autres,
dues à l'intervention des autorités de l'endroit, aidées du détachement de
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hommes
commis à la préservation de nos missionnaires et de soldats expédiés sur les lieux;
que nos religieux n'avaient d'ailleurs été nullement inquiétés.
Je le remerciai de cette bonne nouvelle qui calmait mes appréhensions, mais je
tins en même temps à l u i faire constater la sûreté des informations que je l u i avais
fait parvenir en lui signalant, dès le 2
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décembre dernier, les menées des deux Beys de
Taïac, Youssef et A l i , le pillage de la chapelle de Bakdchli, les vexations de toute
sorte dont les Chrétiens avaient à souffrir sous l'administration d'Ibrahim Edhem
bey, Kaïmakan de Khassa. Je l u i rappelai notamment ma lettre du
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février, dans
laquelle je l u i écrivais textuellement :
«
Je sais pertinemment que les Beys en question ont engagé les Aghas Kurdes à venir
DOCUMENTS DIPLOMATIQUES.
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Arménie.
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Fonds A.R.A.M