et au cours desquelles ils ont dégainé en proférant des menaces de mort contre le
personnel de l'établissement et d'autres chrétiens présents à cette scène qu i , heureu–
sement, n'ont pas riposté.
Aujourd'hui, des nouvelles venues d'Alep signalent des massacres à Césarée. Le
chiffre des victimes est considérable dans l'intérieur de la province. D'après les infor–
mations que j ' a i été à même de puiser aux meilleures sources, on estimerait le
nombre des chrétiens massacrés à
i
, 5
oo pour Orfa, où se sont distingués les fameux
Hamidiès, où les soldats se vantent de n'avoir pas laissé un seul chrétien, et
2 , 000
pour
Aïntab ; je ne compte pas les petites localités disséminées entre ces grands centres
et pour lesquelles les renseignements font totalement défaut.
A Alep, la situation est des plus tendues ; le peu de sécurité qui reste encore aux
habitants continuellement menacés repose sur l'énergie et le bon vouloir du général
de division Ethem-Pacha.
Nos missions françaises de Lazaristes et de Trappistes de Cheiklé et d'Akbès
sont gardées par un bataillon de soldats réguliers ( 135 hommes), et j'ai bien recom–
mandé aux supérieurs de ces établissements de m'envoyer un exprès à la première
alerte.
LONGEVILLE.
N° 1 4 1 .
M .
DE LONGEVILLE,
Vice-Consul de France à Alexandrette,
à M. P.
CAMBON,
Ambassadeur de la République française à Constan–
tinople.
Alexandrette, le 24 décembre 1895.
Le Supérieur de la Mission française d'Akbès me fait savoir par un exprès qja^ijs
sont sur le point d'être pillés et incendiés. J'en avise M . Summaripa.
Le
Linois
est arrivé hier matin.
LONGEVILLE.
N° 142 .
M .
DE LONGEVILLE,
Vice-Consul de France à Alexandrette,
à M. P.
CAMBON,
Ambassadeur de la République française à Constan–
tinople.
Alexandrette, 20 décembre 1895.
Le Caïmakan qui dispose des
8 0 0
hommes de la garnison m'en refuse
10
pour
escorter mon cavas à Akbès où nos missionnaires sont menacés. Je prie Votre
Excellence d'aviser d'urgence.
LONGEVILLE.
Fonds A.R.A.M