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Le prince Lobanow est d'avis aujourd'hui, comme i l l'a toujours été, qu'on ne
saurait exercer à tout propos une pression sur le Sultan, pour tous les incidents qui
peuvent surgir encore en Arménie.
I l est impossible, selon l u i , de prétendre ni d'exiger que les mesures que le Sultan
a promis de prendre produisent du jour au lendemain leur effet; i l est raisonnable
de signaler les faits au Sultan après les avoir contrôlés, mais i l le serait moins de l'en
rendre responsable. Le système de représentations collectives suggéré par l'Angle–
terre tendrait bien vite à créer de nouvelles difficultés avec la Porte au moment où
nous venons heureusement de résoudre celle qui nous préoccupait encore i l y a peu
de jours.
G.
DE M O N T E B E L L O .
N°
1 2 1 .
M . BERTHELOT, Mi n i s t r e des Affaires étrangères,
à M . P. CAMBON, Ambassadeur de la Républ ique française à Cons t an –
t i nop l e .
Paris, 21 décembre 1895.
Notre Ambassadeur à Saint-Pétersbourg, à qui j'avais fait connaître la démarche
faite auprès de mo i par lord Dufferin au sujet des conversions forcées à l'islamisme
qui auraient eu lieu dans le district de Diarbékir, vient de m'adresser à ce sujet le
télégramme suivant que je crois devoir vous communiquer â titre d'information W.
BERTHELOT.
N°
1 2 2 .
M . GEOFFRAY, Chargé d'Affaires de France à L o n d r e s ,
à M . BERTHELOT, Mi n i s t r e des Affaires étrangères.
Londres, ie 1
e r
j anv i e r 1896.
Le baron de Courcel n'a pas manqué de faire savoir au Gouvernement britannique
que vous aviez autorisé M. Cambon à se concerter avec ses collègues pour vérilier ce
qu'il y aurait de fondé dans les actes de prosélytisme religieux attribués aux autorités
ottomanes par le Vice-Consul d'Angleterre àMonch.
Le marquis de Salisbury a prié, parla lettre ci-jointe en copie, le baron de Courcel
d'exprimer auGouvernement de la République la satisfaction avec laquelle le Gouver–
nement de la Reine a reçu cette communication.
GEOFFRAY.
( 1 )
Voir télégramme de Saint-Pétersbourg du 21 décembre 189 5.
Fonds A.R.A.M